Une gigantesque météorite est tombée en Sibérie le 25 septembre 2002

Les dégâts sont considérables sur une région d'environ 100 km2


MOSCOU, 25 juillet 2003 (AFP)  - La chute d'une météorite géante dans la région d'Irkoutsk (Sibérie) en septembre dernier a ravagé quelques 100 kilomètres carrés de taïga avec une explosion équivalente à celle d'une bombe atomique de moyenne puissance, selon le chef d'une expédition scientifique. Ce n'est qu'au mois de mai dernier qu'une expédition d'une dizaine de personnes comprenant des scientifiques et des médecins a pu localiser et atteindre l'épicentre de la zone ravagée, située dans une région semi-montagneuse et boisée, extrêmement reculée, dans la région de Vitimsk et Bodaïbo au nord-est d'Irkoutsk et du lac Baïkal, a déclaré le chef de l'expédition Vadim Tchernobrov lors d'une conférence de presse.

"Sur une superficie d'environ 100 kilomètres carrés, les arbres sont cassés d'une manière caractéristique d'effets de souffle très puissants", a raconté M. Tchernobrov.

"Pour donner un ordre d'idée, l'explosion de la météorite, qui s'est désintégrée avant de toucher le sol, et dont les fragments n'ont laissé pour cette raison, selon nos observations, qu'une vingtaine de cratères ayant jusqu'à vingt mètres de diamètre, équivalait à la puissance d'une bombe atomique de taille moyenne", a ajouté le scientifique.

Une vidéo présentée à la presse et tournée lors de l'expédition, a montré des étendues de troncs brisés à mi-hauteur et souvent brûlés, l'explosion ayant été suivie d'incendies de forêt.

Des centaines de personnes, parmi les habitants de villages de la région, ont été témoins de la chute de la météorite, a indiqué M. Tchernobrov.

"Dans la nuit du 24 au 25 septembre, vers 1H47 locales, les gens ont vu une sphère incandescente suivi d'une traînée, qui descendait avec une trajectoire oblique", a-t-il raconté.

La trajectoire de la météorite a été observée par un satellite espion américain, selon lui.

Des chercheurs d'or qui travaillaient dans la taïga, coupés du monde et qui n'avaient ni journaux ni radio, ont cru à une attaque nucléaire et à "la fin du monde", a-t-il dit.

Après l'explosion, dont l'éclair incandescent a bruni la végétation jusqu'à 15 km à la ronde, les habitants ont observé pendant deux semaines un faisceau de luminosité éclairant les nuages par en dessous à la verticale de l'impact.

La météorite n'a fait a priori aucune victime, la zone touchée étant par chance inhabitée. Une femme âgée a bien été portée disparue dans la région, mais sa disparition n'est apparemment pas liée à la météorite, selon le scientifique.

Les habitants se sont par contre massivement plaints de douleurs articulaires, de problèmes de tension artérielle et de troubles rénaux pendant deux mois après l'événement.

Et selon le chef de l'expédition "les animaux ont totalement déserté la zone, et seuls des ours, exclusivement des jeunes, sont revenus en évitant toutefois soigneusement l'épicentre".

M. Tchernobrov a indiqué qu'une hausse de la radioactivité avait été enregistrée dans la zone après la chute de la météorite.

Selon lui, il ne s'agit d'ailleurs "probablement pas à proprement parler d'une météorite, mais d'un corps céleste de nature pour l'instant inconnue", tout comme la "météorite de Toungouz" tombée dans la même région en 1908.

Cette dernière, supposée avoir été en fait un fragment de comète, dont l'explosion à quelques kilomètres d'altitude avait déraciné les arbres dans un rayon de 100 kilomètres, n'avait été localisée à l'époque que 12 ans après sa chute (voir http://www.ufocom.org/UfocomS/toungouska.htm )

 


Cette nouvelle avait été publiée dans la Pravda au mois de mars mais, malgré l'importance de la catastrophe, n'avait pas été remarquée par les médias.

En voici la traduction:

 

La Pravda, 18-03-2003 ( http://english.pravda.ru/ )

UNE GROSSE METEORITE TOMBE EN SIBERIE

Chute d’une mystérieuse météorite. D’après les scientifiques, elle pourrait peser 60 tonnes.

Il faisait nuit noire dans la région d’Irkutsk, au nord-est de la Sibérie, le 25 septembre 2002. Soudain la nuit devint jour. Un lueur éblouissante monta dans le ciel. De nombreuses personnes, qui se trouvaient dehors à 2 h du matin, ont vu une boule de feu traverser rapidement le ciel, accompagnée d’un bruissement étrange. La lueur disparut au nord-est quelques secondes plus tard. Peu après, il y eut une puissante explosion au loin, à l’endroit de l’impact.

La nouvelle de la météorite de Vitimsky n’a été connue qu’une semaine après sa chute, à quelques 700 km de la ville sibérienne d’Irkustk. Aux dires de témoins, l’illumination du ciel faisait penser à une sorte de radiation brillante qui montait de la forêt. Des gens de la région ont envoyé des fax à l’Institut de physique du Soleil et de la Terre de l’Académie des Sciences Russe d’Irkustk pour demander aux scientifiques d’expliquer cet étrange phénomène. Le directeur de l’Institut, Gely Zherebstov, a répercuté les questions aux départements EMERCOM.

Les journaux locaux se sont fait l’écho des rumeurs au sujet de la mystérieuse lueur un mois après l’événement. Deux semaines plus tard, on rapportait qu’un satellite espion américain avait détecté la météorite au moment de sa plus forte intensité lumineuse, alors que son altitude était encore de 62 km, puis l’avait perdue à une altitude de 30 km. Ce satellite a également déterminé les coordonnées de l’objet. D’après des scientifiques canadiens, cela a constitué l’événement météoritique le plus important de l’année 2002. Une expédition constituée d’un groupe de scientifiques de l’Institut de physique S & T d’Irkustk et l’Université d’Etat a quitté la ville en direction de la colonie de Mama et l’épicentre de l’impact.

Des témoins oculaires ont rapporté des phénomènes intéressants et inhabituels. Les lampes se sont allumées spontanément dans les maisons alors qu’il n’y avait pas d’électricité cette nuit-là. Cela suggère que l’événement de Vitimsky peut être classé dans la catégorie des météorites électrophones : elle a généré un énorme champ électrique alternatif dans l’atmosphère.

Des scènes de panique auraient eu lieu dans la région, où de nombreuses personnes ont déclaré avoir cru à la fin du monde.

L’expédition a atteint le second point de chute enregistré par le satellite américain. Rien n’a été trouvé, à part des pins décapités, ce qui pouvait signifier que l’objet était tombé plus loin. Malheureusement, on ne connaissait pas la vitesse initiale de la météorite. Le comité des météorites de l’Académie des Sciences Russe a cependant estimé que, pour une vitesse initiale de 11 km/s, sa masse devait avoisiner les 60 tonnes. En puissance, cela la placerait devant celle de 1947, considérée jusque là comme le plus vaste événement météoritique du XXème siècle. Mais il n’y a pas de certitude absolue dans ce domaine. On estime en effet que pour une vitesse plus élevée, par exemple 25 km/s, il ne serait resté que quelques kg de l’objet au moment de l’impact.

Cette affaire pose de nombreuses questions. D’abord, aucun des moyens de surveillance spatiale sophistiqués n’a été capable de détecter une grosse météorite alors qu’elle fonçait vers la Terre. Bien que la chute bait eu lieu dans une région quasi inhabitée et qu’aucune victime ou dégât ne soit à déplorer, on imagine facilement ce qui se serait passé si elle avait percuté une zone à forte densité de population au cœur de l’Europe. Les moyens de détection russes semblent avoir été totalement inopérants. Pour l’humanité, les conclusions s’imposent donc d’elles-mêmes.

La région est à présent couverte d’une épaisse couche de neige (Hiver 2002-Printemps 2003, NdT). Des prélèvements et analyses de cette neige sont prévus dès la prochaine expédition de l’Institut d’Irkustk car on redoute que l’eau de fonte des neiges lave les poussières spatiales et les rende alors indétectables.

La NASA a déclaré que la Navette Columbia devait filmer le site de l’impact, mais le drame de Columbia a repoussé cette opportunité à une date ultérieure. Si la météorite est du type pierreux (95 % des météorites le sont), les eaux de dégel du printemps pourraient modifier les propriétés des résidus du matériau spatial. Les scientifiques d’Irkustk n’ont pas les moyens de louer un hélicoptère afin d’étudier la zone. Toutes les grandes météorites ont une immense valeur pour la Science et le monde, particulièrement pour le développement de stratégies destinées à parer au danger mortel que représentent les astéroïdes pour notre planète.

Izvestia

 

James, équipe SCI
26 juillet 2003


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