Perte de temps: réponse à Gildas Bourdais (ufologue)

par Jean-Pierre Petit


Contrairement aux procès d'intention qui nous sont faits, le texte ci-dessous est reproduit in-extenso. Cependant, après avoir consulté un juriste, nous avons pris la décision de supprimer deux passages, afin de ne pas servir de vecteur à des attaques ad hominem. Nous estimons que les passages concernés sont injurieux et/ou diffamatoires et risquent d'entraîner la condamnation conjointe de JP Petit et d'UFOCOM au paiement de dommages et intérêts importants. 

Il est bien évident que son auteur, l'ufologue Jean-Pierre Petit, assume l'entière responsabilité du contenu de ce texte qui ne saurait être validé par l'UFOCOM.

Voir mes commentaires qui suivent le texte de JP Petit.

Simone Brunie
coordinatrice de l'UFOCOM


Je pense qu'il est temps de marquer la distance qui peut exister entre la démarche de l'essayiste-enquêteur et celle de l'authentique scientifique. Dans la longue note de lecture reprodite par UFOCOM sous la plume de Gildas Bourdais on lit, à propos de mon dernier ouvrage :

Il est important pour la crédibilité de l'ufologue francophone de tenter d'en évaluer la crédibilité.

Si monsieur Gildas Bourdais s'exprime en tant qu'émanation de "l'ufologie francophone" c'est sa propre crédibilité que nous allons dans ce qui suit examiner.

Je regrette tout d'abord que mon éditeur ait laissé passer ce mot de Brighton dans le livre. J'ai effectivement mis des pseudonymes aux différents protagonistes et si j'avais pu tout contrôler j'aurais également laissé le plus grand flou quant au lieu et à la date, en écrivant par exemple "dans une ville européenne, au début de 2001". Pourquoi ? Parce que les choses auxquelles je me réfère relèvent du secret défense. Quand je suis revenu d'Angleterre j'ai commis la maladresse de donner des informations un peu trop précises à quelques "ufologues", lesquels se sont immédiatement empressés d'inonder les intéressés de mails en leur disant "Jean-Pierre Petit m'a dit que vous lui aviez révélé telle ou telle chose. Est-ce que vous confirmez ?". Cela leur a valu beaucoup d'ennuis.

Je vous assure que cela ne se reproduira plus. Dans un style très jésuite, Bourdais, qui aime toujours a faire état des informations dont il dispose, cite un maximum de noms. Si tout cela n'était qu'une vaste plaisanterie cela ne tirerait pas à conséquence. C'est d'ailleurs ce qu'il conclut en vertu, hélas, de son incompétence totale en matière de HD et même en général de science. Mais ce sont les gens inconséquents qui ne risquent rien, alors qu'ils n'hésitenteront pas une seule seconde à mettre d'autres dans de graves ennuis.

Je voudrais faire ici une petite parenthèse et j'apprécierais que la gestionnaire du site UFOCOM, Simone Brunie, ancienne directrice de recherche au CNRS ne censure pas ce passage, ni aucun autre dans ce texte (dans les sites Internet le problème du volume des articles ne se pose pas). Ce livre traite d'ovnis mais aussi d'armes secrètes. Or dans l'Epilogue de l'ouvrage, entre les pages 139 et 147, en plaçant ces propos dans la bouche de "Wludazrchik" j'évoque le problème d'éventuels essais nucléaires souterrains dans le territoire français. Voilà une question relativement simple et de plus locale, sur laquelle Bourdais aurait pu se pencher. Mais ce sujet n'a pas retenu son attention, en dépit de l'extrême gravité de mes propos. C'est en effet de la sécurité de la population française qu'il s'agit. Mais peut être être cette question apparaîtra-t-elle également aux gestionnaires d'UFOCOM comme "hors sujet ? Je rappelle en quelque mots ce qui est simplement évoqué dans mon livre : j'ai recueilli de la bouche même d'un ancien haut responsable des confidences (entendues en outre par deux témoins qui ont fourni des dépositions) selon lesquelles la France procéderait à des essais nucléaires souterrains dans son propre territoire. Ceci m'a amené à entreprendre une enquête, a priori d'ailleurs dangereuse. On sait que la France a interrompu ses essais nucléaires souterrains du Pacifique en 96, il y a sept ans. On nous a dit que ces essais ne seraient plus nécessaires puisque le développement des armes nucléaires françaises se feraient désormais à l'aide d'un "simulateur" Mégajoule en cours de construction au Barp, à Bordeaux et fondé sur la fusion par laser d'un mélange D-T (deutérium tritium). Les spécialistes s'accordent à penser que ce projet positivement ruineux (mille salaires prévus pour 2008) que cette manip, que j'ai évoquée dans mon livre, dessins à l'appui, n'a aucune chance de fonctionner. Je pense qu'il s'agit d'un projet-écran qui cache quelque chose de beaucoup plus grave : le développement d'une arme "secrète" à micro-ondes où l'énergie primaire serait fournie par une "petite charge nucléaire". Dans ces conditions les militaires français ne sauraient développer un tel système d'arme avec de simples simulations (qui n'ont d'ailleurs rien à voir avec les processus à l'oeuvre dans une bombe, t-telle à fusion puisque celles-ci fonctionnent à l'hydrure de Lithium) et nous pensons que plus de cent essais nucléaires souterrains clandestins auraient été effectués en France, en particulier à mille mètres de profondeur, dans un secteur désaffecté de la mine de Gardanne. L'enquête, qui se poursuit (nous avons maintenant des données sismographiques exploitables) a entraîné récemment la fermeture précipitée de la mine, qui sera inondée, et cela trois années avant la date initialement prévue. Nous avons aussi mis la main sur un rapport américain montrant que la meilleure façon de procéder à des essais nucléaires furtifs de faible puissance est de les faire dans des mines, simplement dans des cavités de 25 mètres de diamètre, le signal sismographique étant alors suffisamment faible (magnitude 3) pour être confondu avec une activité routinière (450 kilos de TNT pour un foudroyage de galerie).

Quel rapport avec les OVNIS ? Que fait-on avec des micro-ondes ? Est-ce que ça n'agirait pas sur ... le cerveau ? Est-ce qu'avec des micro-ondes on ne pourrait pas, entre autre, induire des paralysies chez les êtres humains (armes incapacitantes). Les Américains développeraient-ils toutes ces choses en se fondant sur leur propre imagination ou bénéficieraient-ils d'une aide .. d'aliens ? Est-ce que la question ne mériterait pas d'être posée, comme ça, a priori. Où en sont ces Américains, aujourd'hui, dont le but semble de plus en plus évident : dominer le monde entier, toutes ethnies confondues. Pourquoi semblent-t-ils si sûr d'eux,s i insensibles à la réprobation internationale ? Est-ce lié à l'aveuglement de leur président ou à des considérations tout à fait, pourrait-on dire ... objectives. Même si les images actuelles de la télévision montrent leurs soldats, au sol, en train de piétinner sous les rafales irakiennes, jusqu'où pourrait aller leur véritable supériorité ? Comment peut-on imaginer qu'un pays ait le front d'entamer une guerre sans l'aval du Conseil de Sécurité, sans le moindre état d'âme, sans même craindre les effets d'une réprobation ultérieure ?

Si toutes ces questions paraîssent "hors sujet" pour le comité de rédaction d'UFOCOM cela signifiera qu'une évolution s'est faite depuis quelques années et que, peut être, il faudra envisager éventuellement la création d'une structure plus ouverte, plus audacieuse, moins "prudente", moins respectueuse du "politiquement et scientifiquement correct".

Y aurait-il déjà aux USA des projets déjà très avancés de "crowd control", de contrôle des foules, en suscitant dans les cerveaux d'un nombre considérable d'être humains des messages sonores subliminaux en utilisant des micro-ondes pulsées en basse fréquence (système déjà opérationnels dès le début des années soixante-dix). Jusqu'où est-on capable d'aller en matière de manipulations mentales ? A quoi servent les "chemtrails" ? Les crop circles seraient-ils, pour certains d'entre eux, des essais d'armes à micro ondes mises en oeuvre depuis l'espace ? Les mutilations de bétail correspondraient-ils à des essais d'armes cancérigènes ? Qui peut prévoir notre futur dans les quelques décennies ou même la décennie à venir ?

La France dévelope ses propres "armes secrètes". Le mot même semble absurde. Je me souviens de la remarque d'un lecteur de mon site qui un jour m'avait écrit "je suis assez lié avec des gens de la DGA (Délégation Général à l'Armement) mais à ma connaissance il n'existe pas de black programs en France". En poussant un peu plus loin il lui aurait été possible de dire "Je n'ai pas entendu parler de recherches secrètes qui seraient menées en France". En février 2003 la revue Air et Cosmos a montré des photos d'une arme à micro-ondes (de petite taille, conçue pour équiper des drones de combats), parfaitement opérationnelle, résultat de onze années d'études franco-allemandes à l'Institut Saint Louis. &&& . Ca, c'est la partie émergée de l'iceberg. Faut-il alors évoquer, sur la base d'arguments techniques, comme je l'ai fait dans mon livre, la possibilité qu'il existe des parties immergées ou faut-il attendre, comme le fait Bourdais, que tout ceci soit enfin "bien connu". En ce moment je suis en train de préparer un dossier portant, entre autre, sur des submersibles soviétiques. Je vois des gens m'objecter : "mais comment pouvez vous affirmer qu'il puisse exister des systèmes de propulsion MHD ? Je n'en ai vu mention dans aucune note technique...".

A l'inverse, les surfeurs du web semblent prêts à avaler pas mal de choses, surtout si ces pseudos faits ou pseudo études sont assortis de belles images de synthèse. C'est ce que je montrerai dans la suite de ce texte. A longueur de pages on lit, sous la plume de Bourdais "Ceci a fait l'objet de nombreuses études depuis de longues années". Je repense à un message d'un lecteur qui avait lu dans mon site l'annonce de la sortie de mon ouvrage et qui m'avait dit :

- Le concept de pontage MHD est connu depuis longtemps.

Très bien, lui avais-je répondu, alors faites-moi un croquis. Comment cela fonctionne-t-il ? Pas de réponse, sauf celle d'un Bourdais dont il sera question tout à l'heure et que nous commenterons. Les gens pourront dire ou écrire ce que bon leur semblera. Le secret de ce pontage MHD, car c'en était un, a bel et bien été révélé le 9 janvier lors de la parution de mon livre et je peux vous assurer qu'il a fortement intéressé militaires et avionneurs, qui l'ignoraient jusque là.

Bourdais fait de son mieux, comme il le fait depuis des années, pour minimiser mes contributions. Je cite :

Qu'en est-il de cette invention d'électrodes pariétales ? En fait elles ont été conçues bien avant Petit, comme je l'avais déjà exposé dans un article intitulé "les premières études de MHD".... soit dix-huit ans avant la BD de Petit !

Plus loin :

Mais quelle est la géométrie envisagée pour les électrodes MHD dans le projet Ajax ? Dans l'étude séminale de Bruno, Szysz et Murthy publiée en 1997 par l'AIAA (citée en Annexe 1), les détails du système de pontage d'énergie ne sont pas présentés, et la distribution des aimants et électrodes reste à l'état de "notion pour le moment" (notional at this time). En revanche, l'article de Aerospace Engineering de janvier-février 1999 indique une disposition qui tapisserait l'intérieur du conduit d'entrée d'air (MHD duct), de section rectangulaire. De son côté, Petit les dispose à l'avant et à l'arrière sur une surface plane et allongée. Quelle est la meilleure solution ? N'étant pas moi même ingénieur ni physicien, j'ai tendance à faire plus confiance a priori aux études de haut niveau publiées depuis plusieurs années.

Au fait, en France, est-on au courant de ces études avancées ? Petit écrit que les militaires français, et même européens, ne savent rien et qu'ils vont découvrir ce système Ajax dans son livre. Expliquant le pontage MHD, Petit écrit (p 230) :

"Le schéma ci-dessus illustre totalement le concept, jusqu'ici totalement ignoré des militaires européens (qui le découvriront probablement en même temps que le lecteur dans ce livre)".

Or, une étude intitulée Ramjet, Scramjet & PDE, présentée à un colloque en mars 2002 à Paris, dont l'un des deux auteurs, Paul Kuentzmann, travaille à l'ONERA, passe en revue l'ensemble des concepts de véhicules aériens à grande vitesse. Y figure, page 13, le concept Ajax en bonne et due forme, avec ce commentaire : "un concept fascinant, mais au delà des possibilités techniques actuelles".

Venons-en maintenant à la "grande" révélation de Jean-Pierre Petit : Aurora fonctionne comme Ajax ! Selon l'auteur, son mystérieux informateur Penninger lui aurait confirmé qu'Aurora fonctionne sur les même principes que le projet Ajax, et ce, depuis 1990 (p 59). Cette "révélation", faite de l'aveu de Petit alors que Penninger avait ingurgité dans un bar un nombre respectable de bières, est-elle crédible ? A vrai dire, cela paraît douteux car il y a d'amblée un problème de dates : le retrait du SR-71 a eu lieu début 1990, date à laquelle il a sans doute été remplacé par Aurora. Or le projet russe Ajax a commencé à faire parler de lui à partir de 1993. Cela dit, Petit suppose qu'il existe une version secrète du bombardier B-2 fonctionnant sur le même principe ! On peut également en douter mais, pour ne pas alourdir ce texte, je renvoie le lecteur à une Annexe 2 "Aurora et le B-2 fonctionnent-ils comme Ajax ?"

Le système de pontage MHD reste "à l'état de notion pour le moment" ? Bien sûr, puisque c'est écrit cette communication de l 'AIAA, citée en annexe 1. Bourdais fait également confiance à Paul Kuentzmann, de l'Office National d'Etudes et de recherche Aéronautique. Et de conclure :

Cette "révélation", faite de l'aveu de Petit alors que Penninger avait ingurgité dans un bar un nombre respectable de bières, est-elle crédible ?

Je passe sur les innombrables remarques faites par Bourdais, décortiquant mon ouvrage de son mieux, sans y trouver le moindre aspect positif. Sa conclusion est simple : je ne suis qu'un affabulateur, un conteur d'histoire et même, disons-le, un menteur. Je suggère qu'il puisse exister toute une crypto-science et une crypto-technologie, les américains faisant sur ce point de la rétention d'information mais menant également une intense politique de désinformation. En paraphrasant Bourdais on pourrait dire :

Il n'y a pas de choses secrètes, sinon cela se saurait...

Je crois que le moment est venu de marquer un peu la distance entre le discours de l'essayiste et celui de l'authentique scientifique. Je commence par la phrase :

Reconnaissons à Jean-Pierre Petit qu'il ne manque ni d'imagination ni d'audace, et que son schéma est séduisant. Cependant, il déclare dans différents écrits (notamment dans son nouveau texte sur le Dr Greer) qu'une telle vitesse est possible car la MHD "annihile la traînée de frottement" dans l'eau sur les parois de la torpille. Il serait intéressant que des spécialistes de la MHD (il en existe quand même en France !) se prononcent sur ce point.

C'est ce que lui diront tous les "spécialistes de MHD", s'il en trouve. Cette phrase est un aveu d'incompétence. Bourdais ne sait simplement pas de quoi il parle. Je vais donc lui donner, de même qu'au lecteur scientifique d'UFOCOM, quelques précisions sur la MHD. Si ce préambule entraîne la censure de l'article c'est qu'il faudra alors remettre en cause l'essence même de ce site, sa finalité. Est-ce une petite revue pour amateurs, un lieu de distraction pour retraités ou un lieu où les aspects techniques de l'ovnis (donc ceux de l'évolution aérienne hytpersonique) peuvent être débattus ? Ce qui va suivre posera clairement la question. Si ce texte "est très au dessus du niveau du lecteur d'UFOCOM" c'est qu'il conviendra alors de créer, ailleurs, une structure de réflexion réellement adaptée.

La question soulevée dans mon livre est celle d'une possible et spectaculaire avancée des Américains en matière d'engins hypersoniques satellisables, ce qui impliquerait, entre autre, que ceux-ci aient franchi "le mur de la chaleur", celui-ci se situant de manière rhédibitoire, disons, à partit de Mach 5-7. On sait que l'onde de choc qui s'établit en supersonique sur les parties frontales d'un engin s'accompagne d'une remontée en température qui croît très vite avec le nombre de Mach. La simple tenue thermique des matériaux limite les évolutions de longue durée (SR-71) à un peu plus de mach 3. Au delà on envisage alors de refroidir les bords d'attaque en faisant circuler des gaz liquéfiés utilisés comme réffrigérants. C'est par exemple le cas pour les "scramjets" ou stato-réacteurs où la combustion s'effectue en régime supersonique. Mais les études actuelles, du moins celles qui ont fait l'objet de publications semblent limiter cette techniques à des Mach allant de 6 à 7, et encore pour des durées très limitées.

Existerait-il des machines où ces problèmes auraient déjà été résolus, capable de voler à vitesse hypersonique pendant plusieurs heures ? Y aurait-il des indices exploitables ? Commençons par examiner cette photois d'une maquette d'Ajax prise en soufflerie :

Que remarque-t-on immédiatement ? Que le dessis de l'appareil est entièrement plat et dans le lit du vent. Sur les images d'artiste disponibles on distingues également la forme "carrée" de l'avant de l'appareil, de cette partie du bord d'attaque de son aile unique.

 

 

Comme lui le X-43A présente ce nez en forme de dièdre :

On sait que ceci est censé être une maquette, aux essais, juchéeà l'avant d'un gros booster à poudre, le tout étant fixé sous l'aile d'un B-52.

Mais ailleurs, toujours sur le web, on trouvera des image où l'avant de l'appareil est pointu. Ci-après le projet "Hypersoar" :

Retenons cette idée d'un engin avec un avant tronqué, carré, et un dessus parfaitment plat. En hypersonique une onde de choc plane va s'établir sur le dessous de l'appareil. Comme le dessus est "dans le lit du vent" il ne s'y établira pas d'onde de choc.

Signalons au passage que cette supression est synonyme de portance. C'est le principe du "wave-rider", envisagé dès les années cinquante. L'appareil surfe alors sur son onde de choc. Une petite remarque au passage : ce système n'est pas très économe en énergie. Une onde de choc est un phénomène dissipatif, la pénalisation se traduisant par une traînée d'onde. D'où un système évoqué dans le dossier web hypersoar : l'engin se déplace en effectuant des ricochets à la "surface" de l'atmosphère terrestre (60-80 km). En reprenant appui sur l'atmosphère il peut au passage virer ce qui lui permet, dans sa version avion espion, d'envisager une mission circumterrestre de quatre heures en "Zig-Zag" avec un vol balistique entre chaque reprise d'appui.

La position du générateur MHD en entrée de tuyère, point indiqué par un point d'interrogationn suggérée dans des dossiers web repris par Bourdais ne semble pas opportune. Le gaz a déjà été recomprimé et réchauffé à la traversé de l'onde de choc. Dans cette configuration et sur d'aussi courtes distances la présence d'un ralentisseur-générateur MHD ne peut que créer une onde de choc droite intense. C'est une expérience que j'ai faite dans mon propre laboratoire en 1966. C'est donc un fait d'expérience et on obtenait une onde de choc droite, sans obstacle matériel. La solution est autre et c'est celle-là que j'ai été glaner au fil des discussions de Brighton. Lorsque l'appareil entre dans le domaine de vol hypersonique sa partie inférieure est modifiée de manière à occulter les entrées d'air, l'admission s'effectuant alors par le dessus. Le ralentissement progressif lié à la présence du générateur pariétal entraîne une déformation des lignes de Mach. Lorsque ces lignes deviennent perpendiculaires au lignes de courant il y a passage en subsonique, sans onde de choc. Ceci permet d'amener ce flux d'air recomprimé dans l'entrée d'air d'un turboréacteur conventionnel, le même qui aura servi au décollage. C'est fantastiquement astucieux. Une solution imaginée à la fois par les Américains et les Russes, mais totalement ignorée des Européens jusqu'à la publication de mon ouvrage. On peut considérer cette information comme "sensible" au plan de la défense.

Où, dans le web, trouve-ton ce genre de chose ? A Bourdais de me répondre.

Je pense avec amusement à la remarque d'un Szamès, présent au colloque :

- Mais, là-bas, personne à part vous n'a entendu parler de MHD
- Mon cher, vous n'aviez pas les oreilles assez longues.

Il reste à assurer la protection des bords d'attaque de la machine, à 10.000 km/h. Et là, j'explique (sans entrer dans les détails). Dans l'accélérateur pariétal le gaz déboule à vitesse V et est soumis, localement, à un puissant champ magnétique B. A Brighton les spécialistes impliqués situaient ce champ à 10 teslas, en supraconducteur, en 1980. Combien aujourd'hui ? Je n'en sais rien. Bourdais objectera qu'il n'a nulle part entendu parler de valeurs aussi élevées, liées à des supraconducteurs. Bien sûr, les supraconducteurs seraient passibles d'applications civiles nombreuses mais leur nature de matériaux extrêment importants au plan défense justifie une forte rétention technologique. Notons au passage que cet engin satellisable, capable de décoller par ses propres moyens, constitue le lanceur de l'avenir.

 

 

Mais cette combinaison de cette vitesse V et de ce champ B donne un champ électromoteur V x B . Alors intervient l'effet Hall. En son absence la loi d'Ohm s'écrit   

J = s E = s V x B

J est la densité de courant, en ampères par mètres carré, V la vitesse en mètres par seconde, s la conductivité électrique (scalaire) en mhos par mètres et B l'intensité du champ magnétique, en Teslas.

Lorsque la pression baisse, en alttitude, ou que l'intensité du champ magnétique dépasse une certaine valeur critique l'effet Hall se manifeste. La raréfaction de l'air accroît le libre parcours moyen électronique. Il faut alors faire intervenir le paramètre de Hall, un nombre qui se définit comme :

e est la charge de l'électron, me est sa masse.

est ainsi la "gyrofréquence" tandis que ne est la fréquence de collision électron-gaz. Celle-ci se décompose en deux termes. L'un correspond aux interactions coulombiennes (le premier) et l'autre aux interaction non-coulombiennes .

Qei est la fréquence de collision électron-ions, dont le calcul fait intervenir un cut-off à la distance de Debye. Qen est la fréquence de collision électron-espèces neutres. <Ce> est la moyenne de la vitesse d'agitation thermique électronique. Classiquement, on exprime les sections efficaces en barns mais dans les formules elles doivent être chiffrées en mètres carrés. Dans l'air on peut considérer que l'effer Ramsauër est négligeable, de même que la conductivité de type ionique. Quand les collisions coulombiennes dominent on dit que le plasma est en régime coulombien, sinon on parlera de plasma non-coulombien. Comme la fréquence de collision coulombienne est en gros dix mille fois plus élevée que la fréquence de collision électron-neutres il en découle que l'ionisation a un effet sensible sur la valeur locale du paramètre de Hall, ceci pouvant amener celui-ci à chuter, localement, en dessous de la valeur critique bcr (par rapport à l'instabilité électrothermique, de Vélikhov). cette idée a été à la base de ma manip de 1967, évoquée plus loin et présentée au colloque international de Varsovie en 67.
    Ces considérations préliminaires, très sommaires, étant faites on passe au phénomène essentiel. En régime de paramètre de Hall élevé la conductivité électrique n'est plus un simple scalaire mais un tenseur :

Il se crée alors une "champ de Hall". Si le champ électrique apparent, au régime de vol considéré, peut atteindre plusieurs centaines de volts par centimètre, le champ de Hall, transverse bVB , s'en déduira en multipliant par la valeur du paramètre de hall b. C'est en récupérant ce champ de Hall et en le concentrant sur les bords d'attaque de la machine qu'on peut créer en ces régions un coussin de plasma protecteur sans lequel le vol hypersonique ne serait tout simplement pas possible. Mais il y a loin de la coupe aux lèvres. Si on ne résoud pas ce problème, tout projet de développement d'une machine volante hypersonique utilisant la MHD sera voué à l'échec.

Je ne sais pas si le lecteur en a conscience (voire Bourdais lui-même), mais ce dessin d'entrée d'air MHD supérieure relève du secret défense. Jusqu'à ce que je le divulgue le 9 janvier 2003 dans mon livre ce fut un secret bien gardé, à l'ouest comme à l'est. J'ai pu savoir que mes interlocuteurs de Brighton on amèrement regretté de s'être montrés si bavards, d'autent plus que des légions d'imbéciles se sont empressés de les arroser d'e-mails en leur disant "est-il vrai que vous ayez dit ceci et cela ? ...."

Mais bien sûr comme, scientifique :

- Je suis quelqu'un de "léger"
- Tout cela était en fait bien connu

ou :

- Cela ne tient pas debout.

La mise en oeuvre des machines volantes hypersoniques recquiert plusieurs autres astuces qui sont parmi les secrets les mieux gardés au monde. Car ceux-là ne sont pas évident au premier coup d'oeil. On ne saurait les deviner en contemplant une simple photo des engins, si un jour on peut en disposer. Appelons-les des "secrets microscopiques". Je les connais mais je ne vous en parlerai pas. Ce sont des affaires extrêmement sophstiquées qui relèvent des "plasmas bi-températures", "bien connus des spécialistes de MHD français", dirait Gildas Bourdais. En fait, non seulement les scientifiques européens ignorent les solutions des problèmes, mais ils ignorent... les problèmes eux-mêmes. Considérons que pour moi c'est une sorte de revanche vis à vis du traitement que j'ai subi au plan professionnel depuis 1975, depuis que j'ai manifesté mon intérêt pour les ovnis en publiant à l'Académie des Sciences de Paris ma première note intitulée "Aérodynes MHD d'un genre nouveaux" : des aérodynes ... discoïdaux. 

J'ai, dans ma carrière et au temps où j'étais encore expérimentateur réussi quelques expézriences assez jolies. Pour prendre un peu le contre pied de cette recherche d'antériorité qui semble tant préoccuper Gildas Bourdais je rappelerai qu'en 1966 j'ai réussi, sur la base de calculs déjà assez sophistiqués réussi à faire fonctionner pour la première fois un générateur MHD en régime bitempérature, de manière stable. Tout ceci fut présenté lors du colloque international de Varsovie en 1967, travail qui profita à mon élève Jean-Paul Caressa, lequel obtint pour ces travaux le prix Worthington, qui lui lui servit efficacement de tremplin pour une carrière au CNRS des plus réussies (de pur administratif : il fut directeur régional du CNRS pour la région PACA). Disons que je peux considérer que mes travaux de cette époque ont été "moralement récompensés" par ce prix, même si je n'en fus pas le bénéficiaire. J'ai d'autres expériences à citer, comme celle de l'annihilation de la vague d'étrave devant une maquette, en simulation hydraulique, en 77 (mais peut être Bourdais trouvera-t-il là encore une antériorité ?). Ajoutons le concept de confinement pariétal des décharges dont le dessins de la page 66 de mon livre n'est qu'un bref rappel ainsi que la stabilisation d'un plasma par gradient de champ, présentée en 83 à Moscou (expérience négociée dans une ... chambre de bonne axoise avec du matériel de fortune). 

Jouant les prophètes de mauvais augure tout en riant dans ma barbe je dirai que si les Européens tentent en catastrophe de bâtir, avec 25 ans de retard une "MHD à la française" ou une "MHD européenne" kils courent vers des fondrières dont ils ignorent jusqu'à l'existence. Mais point me chaut : j'ai abandonné la MHD par K.O. en 1986.

Je pourrais parler aussi de ce bombardier hypersonique dont le B2 pourrait n'être qu'une copie grossière, subsonique. Bourdais doute qu'un engin à faible flèche puisse être hypersonique. Mais sait-il à quoi sert la flèche d'une aile d'avion ? A réduire l'épaisseur relative. Dans une optique conventionnelle l'aile de la machine est non seulement à flèche modérée mais épaisse. Dans une logique d'aérodynamique conventionnelle cela serait effectivement une aile de subsonique. Mais c'est oublier le concept de "profil virtuel", qui a fait l'objet d'un exposé très intéressant à Brighton, pour qui savait voir et entendre, évidemment. Des décharge électriques convenablement agencées peuvent s'étendre à une distance notable du bord d'attaque, tout en modifiant la valeur locale de la vitesse du son. Et cette haute tension, c'est encore l'effet Hall qui la génère. Mais tout cela nous emmènerait beaucoup trop loin. J'espère seulement avoir apporté des éléments de réponse à l'ufologue Gildas Bourdais qui ne manquera pas d'obtenir tous les exclaircissements souhaités chez les spécialistes de MHD français avec lesquels les gens de l'équipe COMETA doivent sûrement entretenir des contacts étroits.

Je cale à commenter le reste des pages de Bourdais. Non, les bombes à antimatière ne "craignent pas le transport". C'est une dérision digne du café du commerce. Je note les phrases concluant cette critique :

Petit raconte, page 78, comment il a été viré d'un laboratoire américain pour avoir pénétré dans une zone interdite. Et il croit utile de souligner que c'est une histoire "authentique" dans une note de bas de page. Cette curieuse note nous invite à nous poser la question : qu'est-ce qui est vrai et qu'est-ce qui est faux dans ce livre ?

Dans la même veine, Petit nous raconte comment il a bluffé et menti à Penninger (p 86). A une question pointue de celui-ci, il répond en bluffant "comme au poker" que la réponse est connue et qu'on la trouve aisément dans la bibliographie, mais il nous avoue qu'en fait il n'en sait rien !

La question à se poser, concernant le livre de Jean-Pierre Petit, est celle sa crédibilité. J'invite chacun à y réfléchir sérieusement.

Il n'y a pas un mot positif sur mon livre dans ces commentaires. Gildas Bourdais me traite de menteur à longueur de page. Je pense que ce texte méritera un face à face entre lui et moi lors d'une future émission sur la radio "Ici et Maintenant". Dans ces cas-là, rien ne vaut une confrontation directe.

24 mars 2003

Jean-Pierre Petit
Directeur de recherche au CNRS
Laboratoire d'Astrophysique de Marseille
(jusqu'au 5 avril prochain, date de mon "départ en retraite", qui n'interrompra nullement mon activité de scientifique


Voici les commentaires que cette réponse m'inspire:

Présentées comme des données objectives, sous prétexte qu'elles sont secrètes, J-P Petit émet des hypothèses et pousse des raisonnements à l'extrême pour déboucher sur des conclusions qu'il présente comme incontestables. Il oublie que les  hypothèses de départ sont plus que discutables.

Bien que JP Petit soit un excellent vulgarisateur, sa réponse très technique sur la MHD utilise un sabir qui n'est pas à la portée de tous. Est-ce volontaire ?

Par ailleurs, on observe une absence totale de commentaires sur les problèmes épineux de l'antimatière. Ce silence est curieux puisqu'il s'agit là d'une partie importante du livre.

Au sujet de l'antimatière, j'ai demandé à Fabien (équipe SCI d'UFOCOM), docteur en astrophysique nucléaire, de donner son avis sur les théories défendues dans son livre par JP Petit.

Voici sa réponse:

Mon avis sur la question est toujours le même: l'absence totale de la moindre corrélation avec la réalité ne me donne aucune raison d'accepter sans plus d'argument des révélations aussi aberrantes. Je n'ai jamais sérieusement entendu parler d'armes à antimatière, ni même sur le site très documenté de la Federation of American Scientists où on y parle pourtant abondamment de propulsion spatiale à antimatière (limitée à l'allumage de réactions de fusion) et d'armes présentes et futures de tout type, sauf à antimatière. Il semble que les US aient vaguement parlé d'armes à AM en 1985, mais comme armes antimissiles, probablement abandonné depuis.

Le problème est tout d'abord la production d'antimatière:
Pour avoir un ordre d'idée de ce qu'est la production d'antimatière, le Fermilab a produit en 2000 environ 140 ng d'antiprotons en un an! 40 t de TNT représente donc déjà 7000 fois plus. Mais Petit a monté une hypothèse (semi-gratuite, pour ce qu'il me semble) comme quoi une forte compression de matière la transformerait magiquement en antimatière. De quoi régler définitivement les problèmes liés à l'énergie dans le monde.

Deuxième problème de taille, le confinement:
Piéger un plasma ou même une poignée d'atomes pour de très longues durées n'est pas vraiment un problème, et les dimensions données par Petit sont probablement raisonnables avec une technologie industrielle. Quoique 40 t de TNT, c'est en gros 1 mg d'antimatière, ça me semble déjà *beaucoup*. Par contre, ça devient carrément délirant quand il parle de bombes de 1 million de mégatonnes: ça fait près de 25 tonnes d'antimatière! Nous sommes TRES loin d'être capables de piéger des tonnes, ni même des kg ou des grammes, d'antimatière. Et puis, on se demande vraiment quel intérêt aurait aux yeux des militaires un tel test, aussi incroyablement cher et inutile...

Je passe sur l'engin spatial à anti-matière et la visite du système solaire ces derniers dix ans... La NASA coûte 12-15 G$ par an, on se demanderait bien pourquoi !

Je veux bien que l'armée américaine soit sur-budgétisée mais de là à ce que le niveau de leur recherche ait un bon siècle d'avance sur la recherche mondiale de pointe, et sans que rien ne se sache, j'ai comme un doute.

Tout ce que je viens d'écrire est évidemment facile à rejeter avec l'éternel argument de la technologie extraterrestre ultra-secrète, mais c'est le cas de n'importe quelle spéculation, fut-elle de Petit ou de n'importe qui d'autre.


Enfin, j'ai posé une dernière question à Fabien: Honnêtement, penses-tu possible que l'on puisse produire, en grosses quantités, de l'antimatière lors d'une explosion nucléaire, et la conserver sous forme de bombes?

Réponse de Fabien: Honnêtement, non, absolument pas.

Pour terminer, j'ai plusieurs questions à poser à JP Petit, compte tenu de l'absence totale de références bibliographiques dans son ouvrage:

- Quelles sources vous permettent d'être aussi affirmatif sur l'existence de nouvelles armes secrètes?

- Quels travaux sur l'antimatière peuvent être présentés à l'appui de vos conclusions?
 
- En qualité d'ex-cristallographe, une question m'intéresse particulièrement: comment envisagez-vous le stockage de l'antimatière dans les cristaux? 

Simone Brunie
Coordinatrice d'UFOCOM
ufocom@wanadoo.fr


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