Une observation remarquable au Mexique

Par Gildas Bourdais, 1er juin 2004

 


Une nouvelle intéressante s'est répandue à travers le monde le 12 mai dernier, en provenance du Mexique : des objets non identifiés ont été filmés, le 5 mars 2004, par un avion militaire qui patrouillait au sud du pays, dans le Yucatan. Curieusement, l'équipage n'a pas vu les ovnis alors qu'il faisait encore jour, mais ceux-ci ont été repérés par radar, et enregistrés par une caméra infrarouge, pendant trois quarts d'heure. Comme toujours lorsqu'on annonce une observation spectaculaire d'ovni, la controverse n'a pas tardé à se déployer, toutes sortes d'explications "naturelles" étant mises en avant par les sceptiques, avec quelque précipitation et en dépit de l'authentification de la vidéo par l'armée de l'Air mexicaine. Mais il faut aussi dire tout de suite que l'une de ces explications ne peut, à l'heure actuelle, être complètement écartée, même si elle paraît peu probable. On s'interroge sur une confusion éventuelle avec des torchères de plate forme de forage pétrolier se trouvant dans la région, même si elle ne pourrait pas rendre compte de la totalité de l'observation. Il est clair que celle-ci devra être analysée par des observateurs compétents et indépendants, pour avoir un dossier le plus complet possible, mais on peut déjà affirmer que l'on tient là l'une des observations les plus remarquables, et étranges, de ces dernières années.

C'est le 9 mai dernier que l'ufologue mexicain Jaime Maussan a annoncé, lors d'une émission de télévision, que l'armée de l'Air mexicaine avait observé et enregistré pendant plus d'une demi-heure des cibles non identifiées, repérées d'abord par radar puis avec une caméra en lumière infrarouge, le 5 mars lors d'un vol de surveillance contre le trafic de drogues, dans la région du Yucatan. Il a expliqué qu'il avait été contacté le 20 avril par un officier du ministère de la Défense, sous l'autorité du général Clemente Ricardo Vega Garcia, ministre de la Défense, qui l'avait informé de cette observation. Elle avait été d'abord étudiée par des experts militaires, qui n'avaient pu l'identifier, puis il avait été décidé de la divulguer par le canal d'un ufologue connu, Jaime Maussan. Le 22 avril, Maussan a reçu une copie des bandes et données enregistrées, et a été autorisé à interviewer sans aucune censure les membres de l'équipage. Il faut tout de suite souligner l'originalité de cette démarche, qui a aussitôt provoqué des critiques du monde scientifique : pourquoi ne pas s'être adressé à des scientifiques compétents ? A cela, le ministère a répondu qu'il "ne connaissait pas de scientifique", mais qu'il n'y avait pas de problème pour communiquer les données à ceux qui souhaiteraient les étudier.

 

 

L'enquêteur Jaime Maussan, de dos, avec les officiers mexicains

 

Jaime Maussan a fait une conférence de presse à Mexico le mardi 11 mai, en accord avec l'armée de l'Air, avec la pièce principale du dossier, un montage vidéo de 15 minutes montrant notamment des images filmées par la caméra infrarouge. Son rapport a été aussitôt diffusé dans le monde entier, en particulier sur internet. Voici une adresse internet pour visionner ce montage vidéo :

http://chronos66.free.fr/multimedia/mexique-05032004.wmv

On peut lire le texte de Maussan en espagnol, en trois parties et bien illustré, sur le site : http://www.ovnistv.tv/noti_mayo/n_11mayo_reporte.htm
En anglais, un résumé a été fait par un autre ufologue mexicain connu, Santiago Yturria, et placé sur le site de Jeff Rense à : www.rense.com/general52/deff.htm
Il a été également communiqué, traduit intégralement en anglais par l'ufologue américain John Velez, et discuté sur la liste anglophone "UFO Updates" dont les archives sont à : http://www.virtuallystrange.net/ufo/updates/
John Velez a également publié, le 30 mai sur cette même liste, un document important pour mieux comprendre cette affaire déjà complexe, qui est la traduction des dialogues entre les membres de l'équipage pendant la durée de l'observation, faite avec Santiago Yturria.

Le général Vega Garcia a confirmé lui-même l'authenticité de l'enregistrement, mais sans se prononcer sur la nature des observations. Cependant, Maussan a affirmé, avec l'enthousiasme qu'on lui connaît, que ces objets étaient certainement des ovnis d'origine extraterrestre, ce qui a sans doute amené le général Vega Garcia à tempérer ses propos, dans une communication du mercredi 12 mai, en faisant savoir que l'armée de l'Air n'avait pas formé de conclusion sur la nature des objets. Cela dit, on peut penser que ce n'est pas par hasard ou maladresse que les militaires mexicains ont préféré divulguer ces documents et témoignages par le canal des ufologues. Il y a eu, depuis des années et encore récemment, de nombreuses observations d'ovnis au Mexique, et l'on peut supposer que les militaires mexicains ont leurs idées à ce sujet, comme dans d'autres pays. Peut-être voulaient-ils seulement s'assurer qu'ils n'allaient pas être enterrés par le monde scientifique, connu pour son hostilité de principe. Peut-être, aussi, ont-ils voulu marquer leur indépendance vis-à-vis de leur grand voisin influent, si discret depuis plus d'un demi-siècle sur les ovnis…

Résumé de l'observation

Le 5 mars 2004, vers 16 h 40, un avion militaire bimoteur Merlin C26A, avec un équipage de huit personnes, survole la région de Campeche, sur la côte Nord du Yucatan, au sud du Mexique, à 3 500 m d'altitude (11 480 pieds). C'est un vol normal de surveillance, en particulier du trafic de drogue. Il est commandé par le Major Magdaleno Castañón Muñoz, qui pilote l'appareil. Il y a un opérateur radar (radar AN/PS 143 BRAVO VICTOR 3), le lieutenant Germán Marin Ramirez, et le lieutenant Mario Adrian Vásquez, opérateur d'une caméra FLIR opérant dans l'infrarouge (du modèle STAR SAFIRE II, fabriqué par la société américaine FLIR Systems Inc.). Cette caméra fonctionne dans la fourchette théorique de 3 à 5 microns de longueur d'onde, se réduisant de 3,6 à 5 microns dans l'atmosphère. Elle peut balayer le ciel, changer de focale et zoomer, du grand angle au téléobjectif).

A 16 h 42 , le radariste signale un écho radar non identifié, à environ 37 miles devant eux vers l'ouest, se trouvant près de la ville de Ciudad del Carmen, près de la côte, et à la même altitude que l'avion. Le pilote met le cap vers cette cible. A la même heure, l'opérateur de la caméra FLIR enregistre d'abord des images du ciel, puis une première image d'une lumière à 16 h 51, assez brillante, vaguement triangulaire, dont la taille diminue rapidement. Le radariste la voit à ce moment sur son écran à 10,5 miles nautiques. L'avion se rapproche de la cible, en suivant un cap vers le nord-ouest, jusqu'à environ 2,5 miles nautiques (soit 4,6 km) selon le radar. C'est alors que l'équipage est surpris de ne pas voir la cible, alors qu'il fait encore jour. A cette distance, ils auraient dû voir un avion, même petit, sans difficulté. Le Major Magdaleno Muñoz décide alors de changer de cap, et l'avion part vers l'est, à 16 h 52.

A 16 h 53, une nouvelle lumière apparaît, toujours dans l'infrarouge, se déplaçant au dessus des nuages, changeant de taille, pulsant rapidement et semblant accompagner l'avion. Il y a à ce moment une première interruption dans les enregistrements FLIR.

 

Une image de la caméra en infrarouge, à 16 h 51

Puis, à 17 h 03, la caméra FLIR enregistre deux grosses boules "jumelles", à l'arrière de l'avion. Celles-ci sont presque identiques, et proches l'une de l'autre, chacune avec une lumière plus petite en dessous. Elles sont accompagnées, plus loin, d'une autre lumière plus petite.

 

Photo en infrarouge, à 17 h 03

Selon les images FLIR, ces boules sont à environ -130 degrés à l'arrière (vers 7 à 8 heures, disent les aviateurs), c'est-à-dire presque à l'ouest. Elles semblent garder leur distance. L'avion vole vers l'est à une vitesse d'environ 200 noeuds, soit un peu plus de 300 km/h. Une minute plus tard, à 17 h 04, apparaissent huit nouvelles lumières, soit onze en tout (en comptant que l'image précédente comportait trois boules : les deux " jumelles " avec une lumière plus petite en dessous, et une autre lumière plus loin, en bas à gauche), ou même seize selon certains (car on a remarqué quelques lumières plus petites), toujours invisibles à l'œil. Ces nouvelles lumières se trouvent sur la gauche, un peu vers l'arrière, et semblent également accompagner l'avion, à peu près à la même altitude. Elles sont par moments occultées par des nuages, mais à 17 h 06, où elles sont visibles en silhouettes devant un nuage. Un instant plus tard, l'une des lumières semble se scinder en deux.

 

 

Photo de la "flottille" de lumières en infrarouge

A 17 h 07, les lumières semblent entrer dans un nuage, et l'enregistrement FLIR est interrompu. Il reprend à 17 h 14, avec des images des lumières "jumelles, moins brillantes, semblant se déplacer. Une grande lumière apparaît dans le champ de la caméra. Cette nouvelle lumière a une forme irrégulière, vaguement triangulaire. A 17 h 15, on remarque un halo autour d'elle, et à 17 h 17, elle paraît pulser. Ce segment de la vidéo se termine à 17 h 23. Enfin, un quatrième segment, commençant à 17 h 26, montre encore une grande image irrégulière, sur la gauche de l'avion (azimut d'environ - 90 degrés) qui s'efface vers 17 h 28, et c'est la fin de l'enregistrement, avec quelques images de la Lune vers l'avant. Les parties comportant des images inconnues s'étalent donc sur une durée de trente minutes et 24 secondes. Une telle durée permet à elle seule d'écarter l'hypothèse d'une confusion avec une "rentrée atmosphérique" de satellite ou de météore (ou de fragments de météore), car de telles observations sont bien plus courtes.

 

Image infrarouge à 17 h 16

 

Le physicien américain Bruce Maccabee a obtenu de Jaime Maussan une copie de tout l'enregistrement FLIR en infrarouge, et en a fait le script détaillé, qu'il a communiqué à un observateur français, Laurent Léger. Celui-ci en a tiré le graphique ci-après qui montre bien le trajet de l'avion, de 16 h 42 à 17 h 28, ainsi que les enregistrements par la caméra FLIR en infrarouge (les traits en rouge, indiquant la direction de la caméra). Il m'a autorisé à le diffuser pour exploitation non commerciale, et je l'en remercie.

 

Carte montrant la trajectoire suivie par le Merlin C-26A entre les instants de la première détection d'une cible radar (vers 16h43) et la fin des observations radar et infrarouge (peu après 17h28). La route géographique (en degrés) et la vitesse sol moyenne (en noeuds) sont données pour les principaux segments. Les vecteurs indiquent la direction de visée de la caméra infrarouge FLIR. (données GPS par Bruce Maccabee)

 

Graphique de Laurent Léger, reproduit avec son autorisation

Il y a eu au total onze minutes d'enregistrement FLIR des lumières, selon Santiago Yturria. Laurent Léger, qui a étudié le script fourni par Maccabee, note qu'il y a eu deux séquences principales : celle des deux grosses boules, de 17 h 03 à 17 h 09, correspondant sur le graphique au segment de 75 à 110 km, puis celle du groupe de lumières plus petites, en formation, de 17 h 15 à 17 h 20, correspondant au segment de 145 à 165 km. Pendant cette partie du vol vers l'est, le radar a repéré trois cibles : deux vers l'avant (à douze heures et à une heure), et une troisième à l'arrière, qui était peut-être la même que celle repérée tout au début alors que l'avion volait vers le nord-ouest. Ces cibles semblaient globalement accompagner l'avion, donc maintenaient la même vitesse que lui. Cependant, on a observé par moments, au radar, des déplacements et des accélérations rapides, que les aviateurs ont d'ailleurs signalés. Le radar, balayant le ciel toutes les dix secondes, a enregistré des changements de vitesse, passant de 60 à 120 puis à 300 nœuds (un nœud est la vitesse de un mile nautique par heure, soit 1,853 km/h, ce qui fait des vitesses de 111, 222 et 556 km/h). Si la cible a changé ainsi de vitesse en dix secondes, cela représente un gain de 180 km/h en dix secondes, une accélération qui dépasse singulièrement les performances d'un avion. Ces déplacements et changements de vitesse excluent également l'hypothèse de méprise avec des rentrées atmosphériques de débris de météore ou de satellite.

Vers la fin de l'observation, les aviateurs ont eu l'impression inquiétante d'être quasiment encerclés par ces objets non identifiés qu'ils ne pouvaient voir. En fait, il ne semble pas qu'ils aient observé d'ovnis sur leur droite, à part une cible vers l'avant "à 1 h", sur l'écran radar. Le Major Magdaleno Muñoz avait déjà donné l'alerte par radio, et il était maintenant inquiet pour la sécurité de l'avion et de l'équipage. Au bout d'un moment, il a eu l'idée d'éteindre les feux de position de l'avion. Quelques minutes plus tard, les cibles ont disparu, mettant ainsi fin à l'incident.

Quelle pouvait être la nature, et pour commencer la taille de ces objets, invisibles à l'œil mais très visibles dans l'infrarouge ? Les éléments actuellement connus ne semblent pas suffisants pour répondre avec précision à cette question. Des distances ont été mesurées par radar, mais les spots radar ne correspondaient pas toujours aux images en infrarouge. S'agissant des deux grosses boules "jumelles" de la première phase des observations, les aviateurs ont eu l'impression qu'il y avait là un objet de grandes dimensions. Selon Maussan (cité par John Velez sur la liste UFO Updates) ils les avaient comparées à un "immeuble de quinze étages". Cependant, Bruce Maccabee a essayé d'évaluer leurs dimensions et a trouvé un résultat très différent. Si ces boules lumineuses correspondent à la cible repérée au radar; don tl'avion s'était rapproché à deux miles nautiques, ces images impliquent des "objets" assez petits, de moins de sept pieds (2,10 m), distants l'un de l'autre de moins de vingt pieds (6 m). Mais ces calculs seront sans doute à confirmer, d'autant que les boules ne correspondent peut-être pas du tout à l'écho radar. Sur l'ensemble des observations, Bruce Maccabee a fait onze estimations de distance des sources lumineuses, notamment en fonction de leurs positions par rapport aux nuages, allant de 12 à 34 miles nautiques. Il semble d'autre part, selon les paroles enregistrées des aviateurs, que ces sources étaient à peu près à la même altitude que l'avion.

La polémique

A travers le monde, c'est non seulement toute l'ufologie qui s'est vivement intéressée à cette observation, mais elle a aussi atteint les grands médias (avec une exception pour la France, comme c'est souvent le cas), et bien entendu la polémique n'a pas tardé à éclater. Les sceptiques, nombreux comme d'habitude, n'ont pas tardé à avancer toute une série d'explications. Dès le 11 mai, la télévision CTV Canada a recueilli l'opinion d'un astronome canadien, Ivan Semeniuk. Celui-ci a souligné qu'on ne pouvait tirer aucune conclusion de ces images, qui ne sont pas différentes de celles des débris de la station spatiale Mir regagnant la Terre. Mais nous avons vu que cette hypothèse de tient pas, compte tenu de la durée et de la complexité de l'observation.

Une autre "explication", lancée dès le 13 mai par la "société astronomique Urania", a été celle de ballons météo, mais elle est si ridicule (comment pourraient-ils voler à 300 km/h, et pourquoi seraient-ils invisibles ?) qu'elle a été vite oubliée.

Le 14 mai, est apparue une nouvelle explication, celle de la foudre en boule (ball lightnings), proposée par un physicien nucléaire de l'Université Nationale Autonome du Mexique (UNAM), Julio Herrera. Mais on lui a opposé rapidement qu'il s'agit là d'un phénomène rare et très bref. Le 18 mai, le directeur adjoint de la météorologie nationale, l'ingénieur géophysicien Alberto Hernandez, a écarté une telle hypothèse dans un entretien télévisé. Il a souligné que cette université n'avait même pas consulté la météorologie nationale. Or le temps était calme et ne se prêtait aucunement à des phénomènes orageux. Pour lui, ces lumières ne correspondent à aucun phénomène atmosphérique connu. Cependant, l'université a annoncé le 30 mai qu'elle continuait à soutenir l'idée de phénomènes électromagnétiques et avait demandé une copie de la vidéo pour l'étudier (http://www.dgi.unam.mx/boletin/bdboletin/2004_355.html)

Une autre hypothèse est celle de "poches de gaz", provenant de l'exploitation des gisements de pétrole, qui existent justement dans la région, mais on peut lui faire le même type d'objections que les précédentes (pourquoi pas de lumière visible, etc). Cependant, une nouvelle version de cette hypothèse "pétrolière" est apparue, en ce qui concerne les deux grosses "boules jumelles, et peut-être même la série de lumières plus petites. Dans un message du 26 mai sur la liste UFO Updates, Un sceptique mexicain, Alejandro Franz, a divulgué une carte détaillée des installations de forage pétrolier en mer, dans la région, et il suppose que la caméra FLIR a pu enregistrer des lumières de torchères de ces installations, notamment de neuf plateformes au champ de Cantarell, trop lointaines cependant pour être visibles à l'œil (à 140 miles de l'avion) : http://www.alcione.org/FRAUDES/FAM/REFERENCE_DATA.html

Une discussion a déjà commencé sur la liste UFO Updates., et plusieurs objections ont été apportées, notamment par Bruce Maccabee. Il a trouvé surprenant que l'opérateur FLIR n'ait pas encore observé de telles lumières, alors que ce n'était sans doute pas le premier vol dans la région. L'azimuth et l'élévation ne semblent pas correspondre exactement au site de Cantarell. On voit sur la vidéo que les deux boules jumelles et les autres lumières sont au dessus des nuages. Ces dernières passent même devant un nuage à un moment donné. Mais, s'il s'agit de torchères, ont-elles pu être vues en infrarouge à travers des nuages peu épais ? De toutes façons, elle ne peut expliquer les trois échos radar observés par le radariste, à l'avant et à l'arrière de l'avion. Cela dit, Maccabee a suggéré à Jaime Maussan de demander à l'armée de l'Air de faire un autre vol pour tenter de vérifier cette hypothèse des torchères. Cette étude, si elle est poursuivie, va sans doute prendre un certain temps.

Une autre hypothèse envisagée par certains est celle d'une mise en scène, soit par l'armée mexicaine, soit par l'armée américaine, dans le but de semer la confusion sur la scène ufologique. A mon avis, un tel scénario est très peu probable. En ce qui concerne les Mexicains, s'ils étaient les auteurs d'une mise en scène destinée à être révélée ensuite, ou s'ils avaient simplement caché une explication plausible du phénomène, ils seraient les premiers éclaboussés par une telle manœuvre. En ce qui concerne les Américains, c'est tout aussi improbable : pourquoi s'amuseraient-ils à mettre en scène des ovnis alors qu'ils s'acharnent à en nier l'existence depuis plus d'un demi-siècle ? Et comment s'y seraient-ils pris ? L'idée qu'ils auraient pu promener au sud du Mexique une escadrille d'avions furtifs, paraît assez surréaliste. Il faudrait expliquer d'abord les lumières infrarouges, notamment les deux boules initiales vues de front, qui ne pourraient donc être des images de tuyères de réacteurs. Il faudrait aussi expliquer comment ces avions rapides (F-117 ou autres) se seraient maintenus pendant trois quarts d'heure à petite vitesse, avec par moments des accélérations très fortes. Et il faudrait aussi expliquer toute la logistique d'un tel vol, assez loin de leurs bases sur le sol américain. Il semble qu'ils ont actuellement d'autres soucis que de bricoler une telle supercherie !

Un autre témoignage important, divulgué le 19 mai, est celui de l'ingénieur Gilberto Rocha, représentant de la société FLIR au Mexique. Celui-ci affirme que les images enregistrées sont tout à fait inusitées et qu'il n'en a jamais vu de semblables, alors qu'il a une longue expérience de ce type de caméra. Il a aussi exclu la possibilité d'un défaut d'enregistrement, remarquant que les nuages, notamment, sont visibles sur ces images infrarouges, simplement parce qu'ils reflètent la chaleur du Soleil, ce qui indique que la caméra a bien fonctionné. Les images infrarouges étaient différentes de celles que produirait un avion ou un hélicoptère.

Quoi qu'il en soit, les ufologues mexicains, tel Santiago Yturria (que je connais et qui est très sérieux), sont très heureux de cette ouverture qui leur est offerte par les militaires mexicains, et ils veulent y voir le début d'une nouvelle ère de collaboration. Espérons qu'ils ont raison, tout au moins pour leur pays.

Gildas Bourdais


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