Les Drônes : à la poursuite de l’impossible

Par Alain H, équipe SCI, octobre 2005

 

 


 

 

Depuis plusieurs années, une nouvelle catégorie d’appareils volants est apparue. Il s’agit des drônes, ou UAV (Unmanned Aerial Vehicle) en anglais. Les salons aériens en présentent de plus en plus souvent, et il est probable que ces engins vont survoler nos têtes de plus en plus fréquemment s’ils ne le font pas déjà… Une question vient donc à l’esprit : ces engins pourraient-ils être pris pour des ovnis ? Cet article explore quelques pistes de réponse…

 

Définition des missions, et apparence

Ces engins ont d’abord été développés pour effectuer des missions de reconnaissance à haute altitude au-dessus des terres ennemies, et on a vu les premiers exemplaires de série utilisés au dessus de l’Irak pendant la guerre du Golfe.

Depuis, leur usage s’est répandu dans le monde civil pour des fins plus humanitaires, comme la surveillance des feux de forêt, le contrôle de plantations, des études météorologiques, la surveillance de la circulation, ou la création de relais de communication à haute altitude.

De son côté, l’armée a décliné ces engins en appareils de combat, de surveillance à haute altitude et d’infiltration très rapprochée des troupes ennemies.

Ces appareils peuvent prendre les formes les plus diverses, mais à ce jour, ceux réellement utilisés ressemblent presque tous au fameux " Predator ", ou à des succédanés bricolés à moindre frais.

Le " Predator RQ-1", de " General Atomics ASI", un drône très classique

Le Shadow 200, de AAI, utilisant les mêmes principes que le Predator

La grande majorité utilise le principe de la surface portante et de l’hélice. Certains, plus rares, utilisent un réacteur mais il est clair que leur temps de vol est nettement plus limité. Dans cette catégorie, le " Global Hawk " remporte la palme du luxe, étant équipé d’une invraisemblable armada de technologies ultra-modernes (senseurs electro optique, infrarouge, radars à ouverture synthétique) ainsi que d’un prochain réacteur nucléaire, qui portera son endurance de vol à plusieurs mois.

Le Global Hawk, de Northrop Grumman

Les caractéristiques principales de ces appareils sont les suivantes : charge emportée, endurance, altitude maximale et type de décollage (vertical ou horizontal). La faculté de faire du sur place, et si possible en silence, est également importante pour des missions tactiques. Le type de propulsion est secondaire quoique le bruit émis en dépende.

Les modèles de type hélicoptère peuvent décoller et atterrir verticalement, mais leur taille est jugée trop grande ainsi que le bruit émis.

Le Camcopter, de Schiebel Technology Inc.

 

Dans la catégorie des drônes de combat, on trouve principalement des engins ressemblant au bombardier B2

X45 de Boeing Co.

X46, également de Boeing Co.

 

Dassault-Aviation développe aussi un très beau concept décliné autour du Duc, petit Duc, Grand Duc et ci-dessous LogiDuc.

Les appareils de Dassault-aviation

Un effort est mis sur les appareils capables de pénétrer les lignes ennemies et de s’infiltrer au sein même des campements militaires ou de bâtiments. La miniaturisation, le silence et la possibilité de se mouvoir très précisément et de faire du sur place sont donc très importants, et ce sans perdre de vue qu’il faut aussi transporter au minimum une caméra et le système de réception/émission.

Guardian CL-327, de Bombardier Services Co.

 

Les derniers designs prometteurs ressemblent à un tuyau vertical dans lequel se trouve une hélice horizontale.

iSTAR MAV, de Allied Aerospace

 

Mais ces appareils sont encore trop bruyants, trop grands, trop peu maniables et trop gourmands en énergie. Aussi l’armée lance-t-elle des concours ouverts à tous dans la quête du plus petit drône possible…

Les sponsors sont des sociétés comme Lockheed Martin, US Army et SAIC. Les prix ne sont pas très élevé (60.000$). Bien sûr, il y a des maximum autorisés au niveau de la taille ou du poids. Un des premiers grands concours demandait que le drône n’ait pas une envergure supérieure à 6 cm, mais ils en sont revenus à des dimensions plus réalistes, voyant que personne ne parvenait à obtenir de résultats satisfaisants.

Voici deux exemples de micro-drônes de type libellule et hélicoptère.

 

 

Les drones peuvent ils être pris pour des ovnis ?

Comme vous le voyez, l’honnêteté exige de dire que peu des drônes présentés plus haut peuvent être pris pour des " soucoupes volantes ". Quelques un de ces appareils présentent néanmoins une forme qui pourrait ressembler à un ovni surtout dans des conditions de visibilité réduite, de nuit par exemple.

Cypher de Sikorsky Aircraft Co., pourrait évoquer une " soucoupe "

Il y a toutefois une catégorie à part, qui utilise des ballons. Ceux-ci peuvent en effet facilement être pris pour des OVNIS, même s’ils ne savent se déplacer rapidement ou contre le vent. La distance peut rendre toute identification impossible et la méprise très facile. Ce type de ballons est utilisé en météorologie ou pour des campagnes publicitaires.

Un ballon météo hors du commun.

Un ballon en Mylar Le même en vol !

Pat Uskert (qui travaille pour " LA UFO " - www.laufo.com) s’est intéressé à la confusion que peuvent engendrer ces objets et a réalisé des comparaisons avec des ovnis filmés, en lançant volontairement de tels ballons et en les filmant.

Tout a commencé le 2 mai 2004 par une vidéo montrant un objet rond et à reflets métalliques dans le ciel de Venice en Californie. Pat a alors décidé de construire, lancer et filmer sous différentes conditions un ballon gonflable qui se rapprochait étrangement par sa forme et ses reflets de l’objet filmé à Venice. Plus d’informations et la comparaison sont accessibles à : http://www.laufo.com/mylar-launch.html et http://www.rense.com/general53/silverff.htm

 

Et pour demain ?

Les drônes de croisière et d’observation à haute altitude ont de beaux jours devant eux, ainsi que les drônes de combat qui ne sont en fait que des chasseurs sans pilotes. Par contre les drônes d’infiltration à basse altitude ou même capables comme rêvé par les militaires de rentrer dans les bâtiments afin d’y épier d’éventuels terroristes ou ennemis, sont loin de donner les résultats voulus.

On se dirige alors vers d’autres solutions, utilisant des techniques dites " de rupture ", comme les MEMS ou les nanotechnologies. Ainsi, il est question du projet MEMS " Smart Dust ", où tout l’équipement tiendrait dans un millimètre cube. Le terrain ennemi serait " saupoudré " d’une telle poussière. Les micro-équipements seraient capables de capter les données intéressantes et de transmettre de cube en cube les informations jusqu’à ainsi rejoindre les troupes ennemies. Une application utilisant de tels principes existe déjà. Les appareils sont doués d’une intelligence dite " de logique floue " et sont capables de se reconfigurer ou de prendre des décisions " d’un commun accord ", c’est à dire après en avoir discuté entre eux !

Le projet SmartDust prévoir aussi un système de communication laser avec des drônes. Le microcube possède un miroir sur son dos et le fait osciller de telle manière à renvoyer un signal cohérent à un drône d’observation. A ce titre, il est intéressant de noter que, depuis que l’armée américaine a débrouillé les signaux GPS, elle a mis en œuvre un tel système de communication satellitaire, utilisant des rayons lasers, pour communiquer avec ses troupes au sol. Ainsi, à tout moment, un fantassin peut interroger le satellite qui lui donnera en retour sa position exacte.

Les nanotetechnologies n’en sont pas encore là, mais l’auteur visionnaire de science fiction Michael Crichton s’en est déjà emparé pour produire le livre " La proie " (Prey en anglais). Ce livre raconte comment les nanotechnologie peuvent être utilisées pour observer tout, n’importe où, au moyen de nanomachines qui en s’agglomérant le temps de réaliser une prise de vue peuvent prendre la forme d’un objectif, d’un capteur et ensuite vibrer en fréquence pour envoyer le message nécessaire. Ensuite, elles se séparent et deviennent invisibles et donc insaisissables. Cela n’est d’ailleurs pas sans rappeler des cas d’observations d’ovnis atypiques….

Il est remarquable que de telles capacités implique une " intelligence partagée ". Bien sûr, au niveau le plus simple, celle-ci est identique à celle qu’on trouve dans un vol de canards en migration. Tout le monde s’exclame devant la prouesse technique de leur vol en " V ", alors qu’il ne résulte pourtant que d’un codage extrêmement simple se résumant à seulement à trois règles de bases que les canards appliquent instinctivement. La règle numéro un est de garder la même distance avec ses voisins, la règle numéro deux est d’adapter sa vitesse sur celle de ses voisins et la règle numéro trois est de voler dans la même direction que ses voisins. Si un obstacle survient, on observera automatiquement une reconstruction de l’essaim.

Les nanomachines seront ainsi programmées avec un système d’exploitation minuscule mais pourront opérer des actions qui à nos yeux semblent compliquées.

Demain les drônes seront partout mais nous ne les verrons pas…

 

Alain H
UFOCOM

 

Principales références :

http://www.uavforum.com/library/photo.htm
http://www.northropgrumman.com/unmanned/

 


 

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