OVNI à Voreppe, dans l'Isère (France)

date des faits : dimanche 6 septembre 1998

par Thierry


VENDREDI 11 SEPTEMBRE 98

Matinée :

La nouvelle a été transmise, ce vendredi 11 septembre 1998, par la plupart des médias français, d'après une dépêche de l'AFP.

Une famille de la ville de Voreppe, dans l'Isère, a aperçu un OVNI lumineux survolant le jardin d'un voisin. Cela se passait le dimanche 6 septembre vers 20h00. Les témoins sont composé d'un jeune couple, d'une grand-mère et d'un enfant de 3 ans.

Les adultes rapportent que l'objet, sphérique et lumineux, d'une envergure de 4 à 5 mètres, était en vol stationnaire à quelques mètres du cerisier de leur voisin. L'un des témoins a eu le temps de prendre sa caméra vidéo et de prendre quelques images avant que l'objet ne prenne son envol et disparaisse de leur champ de vision.

Les témoins ont immédiatement contacté la gendarmerie de Voreppe qui a ouvert une enquête. Des traces de "combustion" ont été constatées sur le cerisier, les témoignages sont concordants et le film vidéo serait exploitable.

Le SEPRA (service d'expertise des phénomènes de rentrées atmosphériques) , sous la tutelle du CNES, trouve l'affaire assez intéressante et a également ouvert une enquête : des échantillons auraient été prélevés et la vidéo empruntée à des fins d'analyses.

L'affaire fut également relatée par le journal radio de France Inter, à 13h25 et Mr Vélasco, responsable du SEPRA, a été interviewé par le très sérieux journaliste Gérard Courchelle.

Soirée

Dans son journal télévisé du "19/20", France 3 relate l'événement et recueille les propos de Mr Vélasco qui, à l'aide d'un dessin, nous explique ce que les témoins ont vu : une sorte d'objet discoïdal avec des "aspérités" (les témoins parlent de "pattes")... On comprend Mr Vélasco lorsqu'il a confié à un journaliste de la Dépêche du Midi, du vendredi 11 septembre, que ce cas était exceptionnel...

Vous pouvez consulter cet article de Jean-Marie Decorse (La Dépêche du Midi) en cliquant ici !

A la fin de l'interview, la journaliste de France 3 annonce que la vidéo est interdite au public et je tiens d'autres sources qu'il aurait été conseillé aux témoins de ne pas "frayer" avec les média ou les "ufologues". Evidemment, on peut comprendre ça. Comme je l'écrivais dans l'article consacré aux événements récents survenus dans les Ardennes, il est parfois dommage de montrer *tout de suite* les images d'une vidéo car cela risque d'influencer les témoins qui ne se sont pas encore déclarés.

Par contre, et de la même façon qu'il faut prouver l'étrangeté d'une observation, il faudra étayer la version du ballon à hélium... Personnellement, cela me fait penser à la version US du "crash" de Roswell que l'on expliquait par... un ballon.

 

 


SAMEDI 12 SEPTEMBRE 1998

D'après le site de France 2 (télévision française du service public), le CNES viendrait de diffuser la conclusion de cette observation à Voreppe : il s'agirait d'un ballon gonflé à l'hélium (http://www.france2.fr/infos/news-fr.htm). A 17h18 ce samedi 12 septembre 98, le communiqué ne figure toujours pas sur le site du CNES (Les communiqués de presse).

Cette nouvelle me laisse perplexe... Comment interprêter les interventions publiques de Mr Vélasco ces derniers jours? Hier encore, il déclarait qu'il faudrait du temps (il parlait d'un mois ou deux) pour analyser la vidéo...

Autres questions : qui a passé son temps à brûler ("traces de combustion") le cerisier du voisin des témoin? Comment se fait-il que les témoins, alors que l'objet était très proche, aient confondu ballon et objet discoïdal de 4 à 5 mètres, avec des "pattes"...? Pourtant, Mr Vélasco a bien regardé la vidéo (vers 20h00, il ne fait pas encore très sombre) et a déclaré, hier encore, qu'il faudrait du temps avant de la faire "parler".

Tiens, à propos de vidéo, il va donc être possible de l'obtenir puisqu'elle montre un stupide ballon...? L'UFOCOM en introduira la demande en tous cas. Et il serait également intéressant de connaître le nom et le statut des personnes qui ont travaillé ces 6 derniers jours sur ce matériel. Il est exact que le SEPRA est limité à Mr Vélasco et que les personnes travaillant sur ses dossiers sont bien souvent des "externes".

J'ai bien souvent pris le parti du SEPRA mais ici, je me sens un peu à court d'inspiration... J'espère que Mr Vélasco répondra à ma demande de renseignements... qui partira, par fax, dès lundi matin.

Toutefois, il faut rester prudent! La presse peut parfois se tromper lourdement comme dans l'histoire du LoFlyte (voir LoFLYTEtm, LoFLYTEtm, la clotûre officielle du dossier "Vague d'OVNI 1990", et VAGUE BELGE: Le Coup de Théâtre). Jusqu'ici je n'ai aucun élément officiel émanant du SEPRA ou du CNES.

Un ballon, je veux bien... Mais n'est-ce pas un peu léger, même si l'explication est gonflée à l'hélium? Ou alors on a affaire à des incompétents, ou alors... je ne sais pas. Pourquoi les choses ne sont-elles jamais claires quand il s'agit d'OVNI? Je sais, je suis un naïf... Mais ma naïveté est toute relative, cela aussi il faut le savoir.

Encore une fois, nous allons subir les tirs des sceptiques intégristes qui nous prennent pour des "zozos" et ceux des ultra-soucoupistes qui nous prennent pour des agents de la CIA en mission de désinformation parce que l'on n'incendie pas le SEPRA comme il est de bon ton de le faire dans certains milieux ufologiques. Est-il incompatible de se poser des questions et de rester serein?

Thierry


DIMANCHE 13 SEPTEMBRE 1998

Une émission de radio française, "Les Secrets de l'Etrange", sur Sud-Radio, animée par Mr Lignon (Groupe d'Etude des Phénomènes Paranormaux) et Louis Benhedi, a reçu Mr Jean-Jacques Vélasco du SEPRA ce dimanche en fin de matinée. Cette émission était, parait-il, prévue depuis un certain temps. Le thème de ce dimanche : le phénomène OVNI. Mr Vélasco en a profité pour s'exprimer plus longuement au sujet de l'observation de Voreppe et, ce faisant, confirme que celui-ci était bel et bien un ballon pour enfant gonflé à l'hélium...

Cette affaire nous a été rapportée, lundi 14, par l'un de nos correspondants, Pierre, qui a enregistré cette séquence audio et l'a numérisée en format "Real Audio". L'extrait dure environ 22 minutes.

Interview de Mr Vélasco sur Sud-Radio, en Real Audio!

Cliquez ici pour télécharger le fichier (2.3 Mo) real audio (zippé) pour écoute "hors ligne"


LUNDI 14 SEPTEMBRE 1998

Un fax a été envoyé ce lundi, vers 13h30, à Mr Vélasco du SEPRA afin d'obtenir des précisions sur cette histoire de ballon à hélium pour enfant ainsi que l'accès à la vidéo. Vu la nature du phénomène, cet accès ne devrait pas être difficile à obtenir. Plus de détails à venir... Il n'est pas dans notre intention d'accepter, même si je respecte Mr Vélasco au plus haut point, n'importe quelle explication pour peu qu'elle soit officielle. La démarche scientifique demande autant de rigueur avec les conclusions des ufologues qu'avec celles des officiels. Il est n'est question que d'honnêteté intellectuelle, voire de crédibilité.

A suivre...

Thierry


MARDI 15 SEPTEMBRE 1998

Quelques réflexions... Dans le dessin montré par Mr Jean-Jacques Vélasco, lors de son interview par France 3 (le vendredi 11 septembre), on peut remarquer que l'objet, d'après les témoins, auraient des espèces de "protubérances" semblables à des pattes (un peu comme les cafards...). Là, j'avoue que je suis étonné... Evidemment, cela correspondrait peut-être à un ballon-jouet en forme de coccinelle, comme l'expliquait le responsable du SEPRA. Dans ce cas, nous pouvons dire que les témoins ont quelques problèmes de vue s'ils ont confondu un OVNI avec un ballon pour enfant qui flottait à 10 mètres d'eux, et ce au crépuscule, lorsque la luminosité est encore plus ou moins correcte. Mais cela peut arriver, c'est possible.

Ce que j'ai essayé de faire comprendre à Mr Vélasco, dans mon fax, c'est qu'il valait peut-être mieux expliquer et donner tous les éléments possibles (de manière tanbgible) afin que cessent les rumeurs de conspiration et que la conclusion du ballon soit admise par tous, dans leur intime perception des choses, et sans ambiguïté. Bien sûr, j'ai proposé l'UFOCOM pour l'évaluation de la vidéo, mais un médium (singulier de média) sérieux ferait tout autant l'affaire.

Il ne faudrait pas que les gens soient confrontés au même problème rencontré avec certains ufologues : croire sur parole ou faire confiance (ce qui est à peu près semblable). Croire n'appartient pas au vocabulaire scientifique! Si je crois, je ne sais pas. Mais si je sais, je n'ai plus besoin de croire. Pour un scientifique, cela vaut pour toute information, quelle que soit son origine ou sa source.

En fait nous tournons en rond. Apportez un dossier d'une association ufologique au SEPRA et celui-ci l'examinera avec une appréhension souvent bien légitime. Apportez un dossier du SEPRA à la majorité des ufologues et ceux-ci diront que c'est de la désinformation. Comment évoluer sans tenir compte des ces deux parties? Le vainqueur de ce match sera celui qui apportera des éléments irréfutables confortant sa conclusion.

Alors, pour que les choses soient claires quant à la position de l'UFOCOM sur cette affaire de Voreppe :

  1. Le SEPRA devrait, afin de ne laisser aucun doute sur sa bonne foi, diffuser (via n'importe quel vecteur d'information) les éléments probants qui mènent à la conclusion de l'erreur d'interprêtation. Pour ce faire, ces éléments devraient pouvoir répondre sans détour à toutes les questions posées.
  2. Les ufologues devraient calmer le jeu et ne pas s'enflammer afin de conserver un maximum de recul et de sérénité.
  3. En cette matière, la transparence doit être totale et non réservée à une espèce d'élite choisie arbitrairement. Cela vaut pour tous les "camps".
  4. L'ironie et le cynisme ne devraient pas être car ils n'appellent rien d'autre que la réaction. Nous ne sommes que des hommes après tout.
  5. Aux ufologues qui nous écrivent pour nous "allumer" et nous traiter de debunkers, j'aimerais leur demander les preuves qu'ils réclament à corps et à cris, parfois à juste titre, parfois pas.
  6. Aux sceptiques sectaires qui insultent quiconque ne boit pas leurs paroles comme vin divin, je peux leur dire qu'ils utilisent la même méthodologie que certaines sectes qu'ils exècrent: "Croyez-nous ou vous êtes un con!" Cela, ça suffit!

En fait, si vous vous interrogez, si vous doutez, bref si vous réfléchissez, vous serez condamnés intellectuellement par ceux qui "croient" savoir ou savent vraiment... On vous jettera un regard condescendant, à la manière d'un maître d'école qui doit répondre à la question naïve d'un bambin de 4 ans. Mais si c'est un bon maître d'école, alors il répondra en utilisant le référentiel de son interlocuteur... Ce qui m'épate le plus dans ce monde ufologique, officiel, officieux ou privé, c'est l'absence totale d'humilité. Heureusement, il y a des exceptions partout, dans tous les pays du monde... Et je ne désespère pas...

Des extraterrestres à Voreppe? Des ballons pour enfants? Un engin militaire (drône)? Autre chose? Personnellement, je n'en sais fichtre rien! Mais je ne demande qu'à savoir... Serai-je déçu par l'une de ses conclusions? Non. Comment est-il possible de ressentir de la déception quand on ne cherche que la vérité? Celle-ci se suffit à elle-même.

Quelqu'un m'a écrit pour me demander si je voulais apporter la preuve que le SEPRA cachait des choses et que si cela était, ma crédibilité en prendrait un coup... Certes non, j'essaye d'apprendre et d'être en mesure de me faire une idée par moi-même, justement par souci de rester crédible. Voilà tout. Les hommes m'importent peu dans cette histoire... Les faits me semblent bien plus intéressants. En fait oui, je suis un sceptique! Je le suis quand des témoins font état de choses étranges et je le suis tout autant quand les officiels ou les vecteurs d'officialités prétendent certaines choses. Sceptique ne veut pas dire "cynique prétentieux".

Amateur de vérité cherche fille nue sortant du puit.

Thierry


JEUDI 25 SEPTEMBRE 1998

Voilà... Deux semaines se sont écoulées depuis l'annonce de l'affaire de Voreppe. Que savons-nous de plus? Pas grand chose si ce n'est que certains média ont finalement diffusé le nom de certains témoins (secondaires) ainsi que leur adresse.

Mon fax à Mr Vélasco du SEPRA est resté sans réponse... Cela confirme sans doute le fait que le responsable du SEPRA ne puisse, ou ne veuille, répondre aux "ufologues" (ciel, que je n'aime pas ce "label"!). Pourtant, des rumeurs font état de certaines personnes privilégiées qui auraient pu visionner le film. Ce qui est assez amusant, c'est que ces rumeurs nous viennent de l'autre côté de l'Atlantique... Sur la bande son de cette vidéo, on pourrait entendre un commentaire, en voix "off", de l'un des témoins : "Tiens, on dirait une ficelle qui pend...(nb: de l'objet)".

Il s'agirait donc bien d'un ballon pour enfants en forme de coccinnelle... Ce ballon mesurerait environ 1 mètre de diamètre. Sa forme et son emplacement par rapport au soleil couchant serait à l'origine de la confusion. Il n'y aurait pas de traces de combustion sur le cerisier du voisin et les dépêches AFP contiendraient pas mal d'erreurs... Bref, un concours de circonstances exceptionnelles traité dans la précipitation et l'enthousiasme...

Trois personnes, situées à une dizaine de mètres de l'objet, se seraient apparemment trompées et auraient confondu ce ballon de fête foraine avec un OVNI, et ceci alors que la luminosité est relativement bonne (à 20h00, il fait encore assez clair) au point d'aller déposer leur témoignage à la gendarmerie.

Les erreurs d'interprétation, conjuguées à l'enthousiasme des enquêteurs, auraient fait le reste... Pourtant, il restera des doutes, des zones d'ombres... Bref, des interrogations. Mon propos n'est pas de jouer les "conspirationnistes" ni de voir en chaque OVNI un engin extraterrestre. Bien loin de là... Mais je demande simplement la même honnêteté intellectuelle quand il s'agit de démonter un canular ou une erreur d'interprêtation que lorsqu'il s'agit d'évaluer une réelle "inconnue", un "x" d'une équation, un OV qui conserve son NI. Voilà tout.

Aux personnes du CNES et du SEPRA qui liront peut-être ces lignes, je voudrais les encourager à diffuser le rapport d'enquête sur leur site internet. Cette histoire de ballon ferait un magnifique cas d'école. Non? Et puis cela montrerait à quel point une enquête scientifique est indispensable en cette matière...

Etant souffrant depuis le 18 septembre, et ainsi obligé à me tenir coît, j'ai pu réfléchir dans le calme à toute cette affaire. Ma conclusion est : il est bien difficile de se mouvoir dans cette problématique "OVNI" en conservant ses motivations premières, à savoir la connaissance réelle du monde dans lequel on vit. "Monde" est à prendre au sens propre comme au figuré. Ceux qui ont des enfants me comprendront certainement...

Thierry


SAMEDI 21 NOVEMBRE 1998

Un reportage de quelques minutes a été diffusé sur France 2 (télévision française du service public). M. Vélasco confirmerait sa conclusion du samedi 12 septembre, à savoir un ballon pour enfant, etc. Cette fois, les témoins principaux ont accepté de répondre aux questions. Pour eux, ce ne peut en aucun cas être un ballon en forme de coccinnelle. Un court extrait de la vidéo aurait été diffusé.

Je rappelle au passage que les témoins principaux affirment avoir été survolés par l'objet, et ceci à quelques mètres de leur tête.


LUNDI 23 NOVEMBRE 1998

Cette histoire de Voreppe m'interpelle. En définitive, toute l'affaire dépend du témoignage des parents dont l'enfant aurait laissé envolé son ballon... Sans eux, nous tous, le SEPRA compris, serions encore en train de nous creuser les méninges... Et bien, j'ai beau essayé de ne pas y penser, je ne peux m'en empêcher. Quelque chose me titille et je ne parviens pas exactement à savoir quoi. Cela doit être au niveau de la ligne du temps.

J'ai donc essayé de reconstutuer la "course" chronologique des événements. Et depuis, l'affaire de Voreppe me titille bien plus encore. Voici cette ligne du temps réalisée en fonction des déclarations de M. Velasco(faites de vive voix sur les ondes de Sud-Radio) et de certains articles de presse où il s'est exprimé :

  1. Dimanche 6 septembre 98, vers 20h00 : observation "diurne" effectuée par Madame Gravers (*), Mr Gravers, leur fille et sa grand-mère, avenue de Stalingrad à Voreppe. Mr Gravers va chercher des figues dans le fond du jardin pendant que les dames et l'enfant discutent. C'est à ce moment que celles-ci voient, à quelques mètres, un objet sombre, dixit M. Velasco, qui oscille et va venir au-dessus de leur tête pour ensuite tranquillement disparaître"... A ce moment, le mari apperçoit l'objet dans le ciel, depuis le fond du jardin. Il se précipite et son épouse lui donne le caméscope qui se trouvait sur le téléviseur. C'est ainsi qu'il va filmer la "fin du phénomène", ce qui porte la durée à + ou - 2 minutes d'enregistrement. Mr Gravers va alerter les voisins et leur demande la permission de filmer depuis leur balcon. Ceux-ci verront simplement un tout petit point.
    (*)Ce nom est cité dans un article de Jean-Louis Ruchon, dans le quotidien "Le Progrès de Lyon" du 12 septembre 98, l'adresse est mentionnée dans le Dauphiné Libéré du 11 septembre)
  2. Dimanche après l'observation (??) : la gendarmerie recueille les témoignages ainsi que la cassette vidéo.
  3. Lundi 7 septembre, matinée : la gendarmerie avertit le SEPRA et lui signale qu'elle recherche un autre témoin, indépendant de la famille (camionnette).
  4. Mardi 8 septembre, début d'après-midi (fin de matinée?) : intervention du SEPRA (reconstitution, interview, recueil de branches de cerisier, feuilles, etc.). M. Velasco mentionne une grande nervosité des témoins et particulièrement l'enfant qui semble perturbé... Jusque là, la cassette vidéo est toujours en possession de la gendarmerie qui participe à l'enquête et met à disposition du SEPRA tous les moyens nécessaires. Le génie civil a fourni une échelle pour effectuer des prélévements végétaux sur le cerisier voisin.
  5. Vendredi 11 Septembre, le matin : publication du communiqué de presse "CNES" annonçant l'affaire, repris par l'AFP et tous les média français. Article dans la Dépêche du Midi où Mr Velasco annonce qu'il s'agit d'un cas "exceptionnel". Mr Vélasco est interviewé dans son bureau par France 3. Par contre, les témoins refusent de s'exprimer. La vidéo n'est pas diffusée. La dépêche AFP parle d'un objet incandescent de 4 à 5 mètres d'envergure, ainsi que de traces de "combustion" sur les branches d'un cerisier voisin, alors que M. Velasco parle d'un objet sombre.
  6. Vendredi 11 septembre en soirée : des personnes (un couple et son fils) se signalent à la brigade locale de gendarmerie et pensent qu'ils pourraient être à l'origine des observations. L'enfant a reçu de sa mère un ballon à hélium en forme de coccinnelle. Il l'aurait égaré un peu avant l'observation. La gendarmerie a fourni l'info à M. Velasco, ainsi que la localisation de ces nouveaux témoins. D'un autre côté, le SEPRA avait obtenu les données météorologiques relatives au moment de l'observation. Celles-ci montraient peu de vent (>2 m/s). Avec toutes ces données le SEPRA a pu retracer le cheminement du ballon, reconstituer la trajectoire de l'objet et tirer sa conclusion : une quasi-certitude de confusion, d'erreur d'interprêtation.
  7. Samedi 12 septembre, matinée : communiqué de presse du CNES qui conclut au ballon d'enfant, gonfé à l'hélium. Ce communiqué est repris par tous les média. Toute la journée, Velasco assure le debriefing de ses communiqués de presse, avec la direction du CNES.
  8. Samedi 12 septembre, soirée : conférence de Jean-Jacques Vélasco devant un parterre de pontes du CNES.
  9. Dimanche 13 septembre, de 9h00 à 12h00 : émission sur Sud-Radio "Les secrets du Mystère" à laquelle participe M. Velasco.
  10. Samedi 21 novembre 98, 20h00 : reportage sur le JT de France 2. M. Velasco confirme la conclusion du samedi 12 septembre. Par contre, les témoins sont formels à l'écran : il ne s'agissait pas d'un ballon pour enfant. Un très court extrait de la vidéo est montré.

Cette ligne du temps n'est vraisemblablement pas exhaustive car nous avons dû travailler avec les seules informations pouvant être recoupées ou vérifiées. Mais il vous est possible de vérifier mes dires en écoutant l'interview de M. Vélasco (Interview de Mr Vélasco sur Sud-Radio, en Real Audio!).

Il n'y a aucune conclusion que je désire tirer en l'état actuel des choses. Je n'ai que des questions... Et, concrètement, si quelqu'un peut encore se poser des questions à la suite d'une conclusion, par définition c'est que les explications ne sont pas satisfaisantes. C'est ce qu'on appelle un raisonnement logique. La communication est un outil indispensable à la connaissance. Mais cette communication doit être complète et aborder les moindres détails du raisonnement tenu. Sinon, la communication devient un instrument de croyance, c'est à dire d'ignorence.

Que penserait-on d'un professeur de physique qui dirait à ces étudiants : "E = mc², un point c'est tout! Il n'y a rien à comprendre et j'ai d'autres chats à fouetter..."?

Thierry


MERCREDI 25 NOVEMBRE 1998

Dans notre rubrique interactive "Le coin du lecteur", un certain "Stef" a laissé ce message :

OVNI VOREPPE
Wednesday, 25-Nov-98 12:56:58

Salut

Je suis le journaliste de France 2 qui a réalisé le reportage sur l'OVNI de Voreppe diffusé le 21 novembre. Je vous envoi ce message car pendant la phase de préparation du reportage j'ai consulté à plusieurs reprises votre site et les informations compilées par Thierry m'ont été d'une grande aide, il est donc normal qu'aujourd'hui j'apporte les infos que j'ai pu reccueillir.

Qu'en est-il réellement de l'ovni de Voreppe.
Une chose est certaine, la communication sur cette affaire a été catastrophique et permet toute les hypothèses, favorisant effectivement une fois de plus les versions les plus délirantes.
Mais, franchement, après avoir rencontré les différents acteurs de l'affaire, ma conviction (mais ce n'est que mon avis après tout) est que cet ovni a toutes les chances de n'être qu'un ballon gonflé à l'hélium.
Explication :
1. La Vidéo, dont nous n'avons diffusé qu'un cours extrait (30 s. pour être exact)ne dure au plus qu'une minute. Qu'y voit-on ? Rien, si ce n'est qu'un petit point noir qui bouge sur fond blanc (le ciel). Phénomène bien connu de nos amis caméraman de télévision, le témoin a été tellement soufflé par ce qu'il a pensé voir qu'il est resté en zoom maximum tout le temps sans penser à zoomer un peu en arrière pour avoir un élément du décor (montagne, arbre...) qui permettre, par comparaison, de se faire une idée de la taille de l'objet.
Cette vidéo a été confiée à un laboratoire de l'Aérospatiale spécialisé dans la photo-interprétation. Leur boulot c'est de faire sortir le maximum d'informations des photos satellites, ils ont du matos informatique de premier ordre, ce sont des pros. Je les ai rencontré et malgré mon insistence et leur curiosité à l'égard de cette vidéo, ils ont été incapable de faire sortir la moindre info de cette bande. Les capteurs ccd de la caméra sont de trop mauvaise qualité pour en resortir quoi que ce soit.
Bref la vidéo est loin d'être la preuve qu'on nous promettait dans les premières dépêches.

2. Dans la bande son de la vidéo on entend très distinctement la grand-mère de la famille dire "c'est bizarre on dirait une coccinelle", petite phrase qui prend une autre valeur quand on connait le résultat de l'enquête.

3. C'est vrai que si les personnes qui ont perdu le ballon ne s'étaient pas signalées le Sepra et les gendarmes auraient longtemps continué de se gratter la tête. Mais tous les éléments, topographiques, météorologiques réunis par Velasco, accréditent cette hypothèse.
Et les témoins eux-même reconnaissent que l'enquête des gendarmes et du sepra a été bien faîte. Il ne sont juste pas d'accord avec la conclusion, mais peuvent tout à fait avoir été trompé par leurs sens.

C'est vrai que l'histoire de la coccinelle ne restera qu'une hypothèse tant qu'on n'aura pas retrouvé ledit ballon, mais bon, y'a peu de chance.

Bref, il existe des cas d'ovni réellement inexpliqués, Velasco le reconnait lui-même. Celui de Voreppe n'est pas, à mon humble avis, l'un de ceux là. Il restera néanmoins intéressant comme cas d'école concernant l'ampleur médiatique que peut prendre un simple témoignage, qui n'est après tout qu'humain et donc sujet à erreur, quand il est relayé par une communication maladroite de la part des institutions et de journaliste en mal de scoops.

A +
Stef

La personne qui a écrit ce message ne laisse pas d'adresse e-mail et c'est compréhensible. Toutefois, comment dès lors prouver que Stef est bien le journaliste de France 2?

A cette heure, ce n'est toujours pas certain mais je pense que ce garçon est vraiment ce qu'il prétend être. En effet, le journaliste qui a effectué le reportage se nomme Stéphane Ghez. C'est donc probablement lui mais ce n'est pas certain.

Il est dommage que Stéphane ne me contacte pas en direct car j'avais quelques questions à lui poser... ;-)

Si "Stef" est vraiment Stéphane Ghez, je le remercie sincèrement d'apporter ses commentaires et de nous "renvoyer" l'ascenceur car rien ne l'y obligeait. Il est dommage de constater que le journaliste de France 2 soit plus "ouvert" en matière de communication que le SEPRA lui-même qui pourtant, lui aussi, est alimenté par le contribuable français.


MARDI 01 DECEMBRE 1998

J'ai reçu ce jour, par le biais de Christophe (UFOCOM) une copie de la vidéo du reportage diffusé sur France 2. Pour ceux qui auraient raté ce passage, voici le son sans l'image (format Real G2) : cliquez ici pour télécharger le fichier!

On pourra regretter la musique de Mark Snow (X-Files) qui ajoute un côté ironique, voire cynique, au reportage qui, pourtant, me semble correcte sur le fond. Les témoins ont pu s'exprimer.


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