Que d'eau, que d'eau !

 

Dans son numéro du 26 juillet, Nature publie des travaux qui établiraient la présence possible:
1. d'eau souterraine sur Callisto, l'un des satellites de Jupiter,
2. de glace, sur Mars, dont l'aspect jeune attesterait un récent changement de climat.
Or, un environnement aqueux est une condition nécessaire, sinon suffisante, au développement de la vie.


I. L'eau secrète de Callisto

 

Selon de nouveaux travaux, Callisto, l'un des plus grands satellites de Jupiter, pourrait abriter "en secret" de l'eau sous sa surface. La croûte glacée du satellite se comporterait donc comme une couverture qui isolerait un océan souterrain.

La radioactivité du coeur de Callisto produit une forte chaleur capable d'éviter le gel de l'eau. Cependant, les scientifiques pensent que la chaleur peut s'échapper à travers la croûte de glace et de rochers du satellite.

Javier Ruiz, un géologue de l'Université Complutensian de Madrid, en Espagne remarque: "on pensait qu'une étendue d'eau liquide dans un gros satellite glacé comme Callisto resterait gelée pendant plusieurs centaines de millions d'années. Cela peut paraître une longue période mais c'est court comparé à l'âge du système solaire.(Ruiz, J. Nature, 412, 409 - 411, (2001).

Cependant, sous la surface fortement crevassée de Callisto, un trésor pourrait être caché. Ruiz a calculé que la glace retient la chaleur mieux que prévu. De plus, les conditions de température et de pression sur Callisto rendent la glace moins conductrice que normalement, emprisonnant la chaleur du coeur du satellite et gardant l'eau sous forme liquide.

Kristin Ben, une géologue du Laboratoire National de Los Alamos, au Nouveau-Mexique, affirme que cette découverte fournit une nouvelle et remarquable vue sur le monde des rochers glacés. Il n'y a ni volcans, ni montagnes , ni crevasses, ni d'autres signes d'activité géologique à la surface de Callisto, de sorte que le satellite a toujours été considéré comme le vilain petit canard des grands satellites glacés de Jupiter. Kristin Ben ajoute: "franchement, d'un point de vue de géologue, Callisto était ennuyeux. Maintenant, il pourrait être le "cygne blanc" du système solaire".

L'application des analyses de Ruiz aux autres satellites comme Ganymède (Jupiter) ou Titan (Saturne) pourrait révéler également des océans souterrains. Selon Kargel, cela rend plus facile l'idée de la présence d'eau liquide au sein des satellites glacés.

Que de tels océans puissent abriter des formes robustes de vie est maintenant discutable. Des possibilités de vie ont paru jusqu'ici impossible. D'un autre côté, les chercheurs ont récemment découvert sur Terre des bactéries dans des environnements aussi hostiles que des cheminées thermales et toxiques situées au fond d'océans. Là où on a trouvé de l'eau liquide, on a trouvé de la vie, remarque Kargel.

Cependant, Ruiz avance prudemment que la présence de vie sur Callisto n'est pas certaine. Les fonds des océans sont probablement composés de blocks de glace et de rochers qui pourraient empêcher la circulation de la chaleur et rendre l'environnement inhospitalier.

traduit de http://www.nature.com/nlink/v412/n6845/abs/412409a0_fs.html


II. La présence, près de la surface, de glace d'aspect jeune, prouve un récent changement de climat de Mars

 

De nouvelles images de la surface de Mars apportent pour la première fois la preuve directe que le climat de Mars a changé au cours des 100.000 dernières années. Ce changement apparaît beaucoup plus récent que les centaines de millions d'années qui avaient été jusqu'ici avancés par les scientifiques.

 

Les images ont été enregistrées à haute résolution par la camera de "Mars Orbiter" de la NASA. Elles montrent un terrain, constitué de fossés et de monticules, qui semble avoir été de la terre lorsqu'il était imprégné de glace. La glace s'est ensuite évaporée, laissant un manteau, épais de cinq mètres, de terrain poreux qui est fissuré par le vent et d'autres facteurs.

 

 

Ces travaux viennent d'être publiés par l'équipe du géologue John Mustard, de l'University Brown, dans le numéro de Nature du 26 juillet : John F. Mustard, Christopher D. Cooper & Moses K. Rifkin, Nature 412, 411 - 414 (2001).

Selon J. Mustard, là où le manteau est encore intact, on peut concevoir que la glace n'est pas très loin de la surface. Là où il est fissuré, l'eau est partie.

Ce qui est important au sujet de cette découverte c'est que la glace observée est située près de l'équateur, la rendant ainsi plus accessible à une mission, que celle-ci soit robotique ou humaine. Elle pourrait constituer une des plus larges réserves d'eau de la planète.

traduit pour l'essentiel de :(http://www.brown.edu/Administration/News_Bureau/2001-02/01-006.html)

transmis par Jérôme


Simone
30 juillet 2001

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