VAGUE BELGE 1989-91

COUP DE THEATRE!

Comme nous l'avons vu auparavant, à la mi-mai 97, les média belges annonçaient que le Ministre de la Défense avait clos le dossier "Vague Belge" en s'appuyant, principalement, sur deux éléments:

1) Les données radar issues de l'intervention de 2 F-16, au 30 mars 1990, ont pour origine un phénomène physique logique (allusion aux inversions de température)
2) Les témoins ont probablement vu un avion secret américain : le LoFLYTE.

Je sais, je me répète mais cela me paraît plutôt important.

Or, dans le dernier numéro de la revue "Inforespace" (décembre 97), la SOBEPS nous livre un article se basant sur un document officiel issu du Ministère de la Défense et transmis par fax, via la Rédaction Nationale, en date du 03 juin 1997. Une quinzaine de jours après l'annonce faite dans les média. Ce fax faisait suite à une demande d'éclaircissement introduite par la SOBEPS, peu de temps auparavant.

On est en droit de se demander pourquoi la SOBEPS a attendu si longtemps avant de diffuser cette information qui contredit absolument les conclusions des journalistes belges quant à la clôture officielle du dossier et l'argumentation portant sur le LoFLYTE. Car, en définitive, il appert que le Ministre Poncelet n'a jamais clos ce dossier ni même fait allusion au LoFLYTE.

En ce qui concerne la lenteur apparente de la SOBEPS, elle s'explique. Dès que l'association a reçu le fax officiel, elle a rédigé un communiqué de presse à l'attention des média belges afin que l'erreur soit corrigée. Jamais rien ne transpira dans les média. Ils ont donné les mêmes suites au communiqué de la SOBEPS qu'à ceux de l'UFOCOM : le non-recevoir. Donc, la SOBEPS a fait son boulot mais pas les journalistes! Il y a eu obstruction à l'information, un point c'est tout.

Au même moment, l'UFOCOM faisait un travail identique mais s'appuyant sur les données fournies par les JT de la RTBF et de RTL-TVI. Dès octobre 96, nous avions déjà démontré que l'article du Sunday Times était erroné. Nous avions envoyé deux lettres au Ministre de la Défense afin d'obtenir confirmation de faits relatés par la télévision belge. Aucune réponse. Nous avons envoyé un fax aux rédactions respectives des stations de télévision incriminées afin d'obtenir la source de leur info et leur démontrer que le LoFLYTE n'a jamais pu survoler le territoire belge en 1990. Absence totale de réaction.

Nous aurons dû attendre la sortie de l'Inforespace pour savoir que le dossier "Vague Belge" n'a jamais été fermé et que le Ministre de la Défense, Mr Poncelet, n'est pas le fou décrit par les média. Car, en fait, les propos dénaturés, par une source encore non-identifiée, dissimulaient une accusation en règle des Etats Unis pour le viol de notre espace aérien.

Qui a fait parvenir un communiqué aux rédactions nationales faisant allusion au fameux LoFLYTE? Pourquoi? Voilà deux bonnes questions. Peut-on imaginer une agence de presse comme l'Agence Belga prendre sur elle de transmettre un communiqué au sujet d'une décision ministérielle sans s'appuyer sur un document officiel?

Mais voyons plutôt ce document reçu par la SOBEPS et quem'a très gentiment faxé son Président, monsieur Michel Bougard. Voici donc l'extrait de l'Inforespace de décembre 97:


"Etant donné les multiples versions données dans la presse à propos du point de vue actuel de la Défense nationale (voir, dans ce même numéro, l'article de Michel Bougard), nous avons jugé bon de vous fournir, in extenso, la réponse telle qu'elle fut publiée par la Rédaction nationale, responsable de la publication officielle des interventions au Parlement belge. Cette réponse (document 969700625, département D 20), présentée à la mi-mai 1997, concernait la question n° 222 de Monsieur le Député Van Eetvelt (en date du 23 décembre 1996):

«L'honorable Membre voudra bien trouver ci-après la réponse à ses questions.

1a. Les vols exécutés par les Forces armées belges au cours de la période allant de novembre 1989 à mars 1991 étaient des vols classiques n'ayant pas pu être à la base de la série d'observations relevées à cette époque.

1b. Une seule série d'obser-vations d'OVNI a été imputée, avec une forte probabilité, à un fait précis. Plusieurs observations, relevées dans les environs de Namur/Gembloux le octobre 1990 entre 18 heures 30 et 21 heures 30, ont ainsi été attri-buées à un avion radar AWACS (Airborn Warning And Control System) exécutant, au cours de la période incriminée, des exer-cices répétés d'approche dans un rayon de 25 km autour de l'aéroport de Gosselies.

2. Il n'est pas exceptionnel que des officiers de la Force aérienne visitent les installations et salles de contrôle de l'aéroport de Zaventem. Ces visites font même partie intégrante de la formation du contrôleur aérien militaire qui sera appelé à tra-vailler par la suite avec ses collègues civils, et afin d'améliorer les conditions de sécurité dans un espace aérien commun for-tement encombré. De plus, des membres de la Force aérienne, plus précisément la section MDC (Military Detachment for Coordination), travaillent dans des locaux attenant à la salle de contrôle civil, et ont donc des con-tacts journaliers avec les contrôleurs de Zaventem.

Les phénomènes d'échos radar non-identifiés sont des phénomènes physiques connus et observés fréquemment et, en particulier, lors de périodes d'inversion de la température entraî-nant des perturbations erratique des ondes radars. De tels phénomènes aléatoires, relevés sans autre corrélation, ne peuvent en aucun cas être interpré-tés comme un signe suffisant pour envisager la présence d'OVNI.

a. Il n'est donc pas exclu que des officiers de la Force aérienne se trouvaient le 05 dé-cembre 1989 dans la salle de contrôle de Zaventem. Cette présence n'est cependant pas exceptionnelle, et ces personnes ne peuvent actuellement plus être identifiées.

b. Cette présence de personnel militaire et l'observation d'échos radars non-identifiés n'ont pas fait l'objet d'un rapport car ils représentent des activités et des phénomènes courants.

3. L'aide apportée par la Force aérienne dans le cadre de l'étude des observations OVNI lors des années 1989 et 1991 a fait suite à une décision du Ministre de la Défense nationale. Cette décision, exceptionnelle et de portée limitée dans le temps, avait pour but d'apporter un sou-tien maximum à une tentative de meilleure compréhension et d'explication des nombreux phénomènes anormaux survenus au cours de ces années. Cette coopération n'a cependant jamais résulté en la création d'une cellule militaire,d'étude de ces phénomènes.

a. L'armée belge ne dispose pas d'informations permettant d'éclaircir l'incident du 12 décembre 1989. Aucune corrélation n'a pu être établie avec un objet volant détecté dans cette zone 1.

b. Cet événement ainsi que d'autres observations survenues au cours de la période du 02 au 18 décembre 1989 ont fait l'objet d'un rapport récapitulatif adressé au Ministre de la Défense nationale, et dont copie est en annexe A.

4a. Une déclaration faite à la presse en juillet 1990 a relaté les événements des 30 et 31 mars 1990 et a mis en évidence les conclusions tirées par la Force aérienne, notamment l'impossibilité de pouvoir identifier la nature et l'origine des phénomènes observés. Cette déclaration est jointe en annexe.

4b. Entre-temps, les études menées par l'Université Catholique de Louvain recherchant une explication scientifique du phénomène ne sont, à notre connaissance, pas encore terminée. D'autre part, aucun élément nouveau n'est survenu pouvant remettre en question le contenu de cette déclaration.

5. Les observations d'OVNI au cours des années 1989, 1990 et 1991 ont donné lieu à un total de six «scrambles», dont trois «F-16 scrambles» et trois «Islander scrambles».

a. 05 décembre 1989, de 18 heures 37 à 22 heures.

(1) La gendarmerie d'Eupen communique le témoignage de deux personnes, rapportant la présence d'OVNI à Henri-Chapelle, se dirigeant vers Welkenraedt et La Calamine. Malgré la présence de nombreux faux échos dans la zone concernée, les centres radars de Glons, Semmerzake, Zaventem et Maastricht font état de contacts et de corrélations intermittents.

(2) Malgré l'arrêt des observations visuelles de la part des témoins au sol, les F-16 en alerte reçoivent l'ordre de patrouiller dans la zone incriminée mais ne peuvent établir aucune corrélation entre les observations des témoins et une quelconque ob-servation, radar ou visuelle, faite en Vol 4.

b. 16 décembre 1989, de 22 heures 55 à 23 heures 23.

(1) De multiples témoignages de personnes résidant dans la Province du Limbourg font état de phénomènes étranges. Etant donné le nombre de témoignages concordants, et malgré l'absence d'une corrélation radar, la décision est prise de faire décoller les avions d'alerte (F-16).

(2) Les pilotes repèrent la présence au sol de projecteurs tournant à une fréquence fixe et dont la lumière se reflète sur les nuages.

(3) Cette observation est ensuite confirmée par la police de Diest qui rapporte la tenue d'un show laser à proximité d'un dancing situé dans les environs.

c. 30 mars 1990.

Ces événements ont été fortement médiatisés et ont donné lieu à une déclaration faite à la presse en juillet 1990. Cette déclaration est fournie en annexe B.

d. 14/15/16 avril 1990.

Ces scrambles ont été exécutés dans le cadre du support accor-dé par les Forces armées à la SOBEPS (Société Belge d'Etude des Phénomènes Spatiaux), lors du week-end d'observation OVNI organisé du 13 au 17 avril 1990. Les moyens mis à la disposition de la SOBEPS étaient un HS 748 de la Force aérienne et un Islander de la Force terrestre, et pouvaient être mis en oeuvre sur base d'une observation au sol, confirmée par la gendarmerie ou une équipe mobile de la SOBEPS. Les résultats furent:



(1)     14 avril 1990 :
a.      décollage: 23 heures 50
b.      zone couverte : Perwez, Ramillies, Jodoigne
c.      atterrissage : 01 heure 12
d.      résultat : néant

(2)     15 avril 1990 :
a.      décollage: 21 heures 33
b.      zone couverte : Tienen, Beringen, Koersel, Berlooz, Ciney, Flémalle
c.      atterrissage : 01 heure 40
d.      résultat : néant

(3)     16 avril 1990 :
a.      décollage: 19 heures 30
b.      zone couverte : Eupen, Sprimont, Saint-Georges, Waremme, Tongeren, 
                        Visé
c.      atterrissage : 23 heures 44
d.      résultat : néant

ANNEXE A

INTERPRETATIONS POSSIBLES

1. Nombre de témoignages (02 au 18 décembre 89)

a. La Force aérienne est en possession de 12 témoignages : généralement communiqués par l'intermédiaire de la gendarmerie.
b. 2 témoignages ont été déposés par écrit à la Section VS 3 de l'EM Faé par le Lt Col Amond et par le 1 Sgt Maj. Valenzano (annexes Cet D)

2. Observations communes (témoins)

En général, les témoins déclarent avoir observé :
a. Une forme triangulaire (angles arrondis).
b. Un éclairage identique, c'est à dire :
- trois phares aux extrémités du triangle;
- un gyrophare rouge au centre.
c. Les témoins sont formels : ce phénomène se déplace sans ou avec très peu de bruit (léger sifflement).
d. La vitesse de déplacement est ou bien très lente (estimation à + 50 km/h) ou bien extrêmement grande.

3. Observations radar

Après examen, il est impossible 7 de faire une corrélation entre les observations visuelles et certains échos radars parasites qui étaient souvent provoqués par l'inversion thermique. Cette inversion était présente pendant la plus grande partie des observations.

4. Interprétations possibles

a. Règlements

(1) Gérant de l'espace aérien belge : Administration Aéronautique (Ministère des Communications).
(2) Utilisateurs / Contrôleurs selon l'endroit :
- Régie des Voies Aériennes (RVA - Ministère des Communications)
- Force aérienne (Ministère de la Défense nationale)
(3) Selon les règles en vigueur, les avions qui décollent d'un aé-rodrome belge peuvent voler au-dessus de la Belgique sans plan de vol pour autant qu'ils voient à vue (VFR - Visual Flying Rules). Chaque avion qui vient de l'étranger doit introduire un plan de vol.
(4) En vol de nuit, les vols VFR ne sont autorisés que pour les hélicoptères. Les autres aéronefs doivent obligatoirement in-troduire un plan de vol IFR (Instrument Flying Rules).
(5) Pratiquement toutes les observations d'OVNI ont eu lieu après le coucher du soleil. Donc, chaque mouvement aérien aurait dû être connu par la RVA et/ou les systèmes de contrôle de la Force aérienne.

b. F 117 A (STEALTH)

(1) Les USA n'ont jamais demandé l'autorisation de faire des vols expérimentaux au-dessus de la Belgique.
(2) De tels avions n'ont pas l'autorisation de voler dans le trafic aérien normal sans être équipés de réflecteurs radar. Ils doivent pouvoir être observés par les radars sinon ils pose-raient un danger potentiel pour le trafic aérien.
(3) Ce type d'avion vole à une vitesse conventionnelle. Pour voler à de très basses vitesses telles que décrites dans les témoignages, ils devraient disposer d'un système de propulsion dirigeable (vectored thrust). Pour autant que nous soyons au cou-rant, ceci n'est pas le cas. En tout cas, pour rester immobile ou pour voler à très basse vitesse, il faut développer une poussée plus grande que le poids de l'avion. Avec tous les systèmes de propulsion connus actuellement, ceci est impossible sans génération d'un bruit très important.
(4) L'Ambassade américaine a fait un communiqué de presse pour confirmer qu'il n'y a pas eu de vols F 117A au-dessus de la Belgique.

c. RPV (Remotly Piloted Vehicles - Engins téléguidés)

(1) La Force terrestre a des RPV dans l'inventaire. Ce sont des Eperviers qui opèrent à Elsenborn.
(2) Ils ont effectué des vols du 23 au 27 octobre 89, y inclus un vol de nuit.
(3) Ils n'ont plus volé depuis le 27 octobre 1989.
(4) Il n'y a eu aucune demande d'une nation étrangère pour effectuer des vols RPV au-dessus de la Belgique.
(5) La vitesse d'un Epervier après le décollage est de l'ordre de 500 km/h. Il est très bruyant.

d. ULM (Ultra Light Motorised)

(1) Les ULM ne sont pas autorisés à voler la nuit.
(2) Ils sont très légers et très petits.
(3) Ils disposent d'un moteur qui fait du bruit.
(4) Il est peu probable qu'ils puissent produire suffisamment d'énergie pour allumer des phares comme décrits dans les témoignages.

e. AWACS

(1) L'AWACS est grand, fait du bruit et est très facile à observer au radar.
(2) Les AWACS introduisent un plan de vol s'ils opèrent au-dessus de la Belgique. Leur présence serait connue par les systèmes de contrôle.
(3) Au moment des observations sol qui ont été rapportées à Glons, il n'y avait pas d'AWACS dans l'espace aérien belge.»

[fin du document]


Comme vous pouvez le voir, il n'y a pas un mot sur le LoFLYTE et les conclusions laissent une question ouverte. Hormis l'allusion aux phénomènes météorologiques, rien n'est commun avec l'annonce des média belges. En fait, il s'agit d'une information contradictoire.

Après avoir reçu le fax de Michel Bougard (documents officiels), je lui envoyai ce courrier:


[début de la lettre à Mr Bougard]

"Cher Monsieur Bougard,

Je vous remercie vivement pour l'envoi des documents relatifs aux explications de Mr Poncelet à la Chambre.

Alors que tous les média expliquaient que le Ministre de le Défense avait classé le dossier sur base des inversions de température et du LoFLYTE, je me rends compte qu'il n'en est rien! C'est incroyable!

Si le service "Presse" du ministère a fait parvenir un autre communiqué aux média, alors il faut aussi se poser des questions. Si les média ont "falsifié" l'information, c'est très grave! Dès octobre 96, j'ai été en mesure d'infirmer les échos du Sunday Times qui avait interprété un communiqué de la NASA concernant le LoFLYTE. J'avais essayé d'en avertir la RTBF et RTL- TVI, de manière calme et pondérée. Aucune réponse.

En janvier 97, j'avais écrit cette lettre au Ministre :

* * * * * <

Monsieur le Ministre,

Tout d'abord, permettez-moi de vous présenter tous mes voeux pour l'année nouvelle et fasse le ciel que votre ministère ne soit pas trop mis à contribution. Car, en effet, l'effervescence dans un ministère de la Défense est souvent annonciatrice de moments difficiles.

A présent, il convient de me présenter. Je suis âgé de 31 ans et ai effectué mon service militaire comme sous-officier dans la Force Aérienne (matricule 85*****) au 2ème Wing Tac de Florennes (Commandos de l'Air / UPI). J'ai également été décoré de la médaille de II ème classe pour ancienneté et services rendus au Pays (service effectué en 1985-86).

Mais permettez-moi, Monsieur le Ministre, d'en arriver à la principale motivation de cette lettre.

En 1990, la Force Aérienne belge fut confrontée à des événements "inhabituels" et plus particulièrement dans la nuit du 30 au 31 mars. Ceci, vous l'aurez compris, est en rapport avec la vague d'observations d'OVNI qui "secoua" le pays à cette époque.

En fonction des directives données par Mr Guy Coëme à cette période, le colonel De Brouwer (aujourd'hui général en retraite), chef de la Section Opération, donna l'ordre à la base de Beauvechain de faire décoller ses deux chasseurs d'alerte, en vue d'intercepter un écho non- identifié.

La moisson d'informations récoltée par les deux F-16 a été riche d'enseignement et, c'est une première mondiale, fut déclassifiée immédiatement. Le gouvernement belge s'est rendu célèbre dans le monde entier pour la transparence qu'il a voulu apporter à l'événement.

Aussi, voici ma requête Monsieur le Ministre. Serait-il possible de recevoir l'entièreté des documents déclassifiés et rendus publiques? J'aurais également une question à vous poser, si vous me le permettez : quelles sont, à ce jour, les conclusions officielles de cette affaire?

Au mois d'août dernier, le très sérieux "The Sunday Times" anglais affirmait que ce que nos chasseurs ont intercepté est un avion américain ultra-secret dont le nom est LoFLYTE. En bref, ils ont traité nos pilotes et notre Force Aérienne d'incapables. Après avoir enquêté pendant trois mois, j'ai pu fournir la preuve irréfutable de l'impossibilité des faits énoncés par le journal britannique. Nos média nationaux ont largement répercuté l'article du Times dans leur journal de 20h00. Par contre, aucun ne fit la rectification. C'est déplorable. J'ai d'ailleurs affiché cette enquête sur l'Internet et fait parvenir, par courrier électronique, la totalité de mes informations à Monsieur Marc Acheroy, professeur à l'Ecole Royale Militaire. Voilà le genre d'incident qui peut discréditer notre armée.

J'espère, Monsieur le Ministre, que vous pourrez m'aider dans cette étude des événements du 30 au 31 mars 1990.

Dans l'attente fébrile de votre réponse, veuillez recevoir ici, Monsieur le Ministre de la Défense Nationale, l'expression de mon humble respect et de mon dévouement.

Thierry Wathelet>>
* * * * *

Je n'ai jamais eu de réponse... Toutefois, j'ai fait une nouvelle tentative auprès du Ministre, après l'annonce de la "clôture" officielle du dossier. La voici:

* * * * * < Monsieur le Ministre,

Le 16 mai dernier, la RTBF et RTL-TVI annonçaient votre décision de clôturer le dossier "Vague d'OVNI 89-90". Vous vous seriez exprimé à ce sujet devant la Chambre, lors d'une séance plénière.

Ces média continuent en diffusant les deux arguments sur lesquels, disent-ils, vous vous appuyez pour étayer votre jugement :
1) Les échos radar enregistrés dans la nuit du 30 au 31 mars 1990, par les F-16 de Beauvechain, ont été produits par des bulles convectives (plasmoïdes?) issues d'une inversion de température.
2) Ce que les témoins ont aperçu serait un "avion" américain, le LoFLYTE.

Pourriez-vous, Monsieur le Ministre, me confirmer ces faits relatés de manière identique par les Journaux Télévisés de la RTBF et de RTL-TVI? Si cela était avéré, serait-il possible d'accéder aux éléments techniques et administratifs qui ont motivé votre décision?

Dans l'attente de votre réponse, veuillez recevoir ici, Monsieur le Ministre de la Défense Nationale, l'expression de mon humble respect.

Thierry Wathelet>>
* * * * *

Là non plus, Mr le Ministre ne m'a pas fait l'honneur de sa réponse...

L'intervention ministérielle n'est pas archivée sur le site (immense) de la Chambre (http://www.lachambre.be) alors que tout le reste s'y trouve! J'ai envoyé un courrier à la Chambre qui, lui aussi, est demeuré lettre morte.

De tout cela résulte que seule une poignée d'ufologues et de passionnés sont au courant, grâce à l'Inforespace, que le dossier ne fait même pas allusion au LoFLYTE et qu'il n'a jamais été clôturé. Il est triste de constater que ni du côté ministériel, ni du côté des média, personne n'a pensé au simple citoyen. Par contre, pour le LoFLYTE et les histoires à dormir debout, là, ils redeviennent tous très actifs! Car quoi? Quequ'un est bien à l'origine de cette rumeur. Les média ont reçu une info identique qu'ils ont diffusée à peu près tous dans les mêmes termes. Il ne s'agit pas d'une erreur isolée!

Dès lors, il n'y a pas 36 solutions : ou l'Agence Belga a "extrapolé" sur cette histoire que tout le monde s'est empressé de diffuser sans même prendre la peine de la vérifier ou le ministère de la Défense a envoyé un communiqué spécifique, plus détaillé que le compte-rendu de la séance par la Chambre elle-même.

Dans les deux cas de figure, je suis stupéfait! Pour le public, n'ayez aucun doute qu'il retiendra que la Vague Belge a été causée par un avion secret américain. Le contribuable est encore une fois lésé! Sans vouloir vous offenser, l'Inforespace, tout comme notre site internet d'ailleurs, n'a qu'un impact limité au niveau du nombre de lecteurs. De plus, nous nous adressons souvent à des pré-convaincus, nous prêchons auprès de convertis.

Que se passera t'il si je démontre que les média ont diffusé cette info en toute bonne foi car celle- ci émanait du Ministère de la Défense lui-même?

Aviez-vous, vous aussi, envoyé un communiqué de presse reprenant les documents que vous m'avez faxés afin de faire corriger les "fausses infos" diffusées par nos média? Pourquoi ces éléments qui me paraissent importants sont-ils destinés à un cercle aussi restreint? Quelque chose cloche. Tout a commencé avec l'article du Sunday Times au Pays de la Vache Folle...

D'habitude, le gouvernement me semble plus rapide à réagir quand une "erreur" est diffusée en son nom par les média. Comment voulez-vous que le peuple place sa confiance en ses institutions publiques?

Quelle est votre vision des choses?

Cordialement,
Thierry Wathelet>


Le 15 décembre 1997, Mr Bougard me répondait en m'envoyant le communiqué de presse de la SOBEPS. Celui-ci reprenait les extraits significatifs des documents transmis par la Rédaction Nationale ainsi que certaines précisions concernant le LoFLYTE. En voici quelques extraits:

COMMUNIQUE DE PRESSE - SOBEPS

La réponse du Ministre Poncelet confirme que l'aide apportée par la Force Aérienne dans le cadre de l'étude de ces observations d'OVNI a bien été décidée par le Ministre de la Défense nationale de l'époque, Mr Guy Coëme. En mars 1990, ce dernier avait autorisé la Force Aérienne à mettre toutes les informations en sa possession à la disposition de la SOBEPS. Cette collaboration n'a jamais débouché sur la constitution d'une cellule de recherche officielle (militaire ou civile). Actuellement, les recherches entreprises sont le fait de membres du comité scientifique de la SOBEPS qui, à titre individuel, bénéficient du soutien logistique de divers organismes militaires ou institutions universitaires.

Du document émanant du Cabinet de Monsieur le Ministre Poncelet, il ressort que la plupart des observations d'OVNI portées à la connaissance de la Défense nationale restent inexpliquées. D'autre part, les experts militaires consultés continuent à exclure toutes les hypothèses "conventionnelles" généralement proposées : [...résumé des conclusions officielles livrées plus haut...]

A cette liste d'hypothèses à rejeter pour expliquer les OVNI observés au-dessus de la Belgique, il convient d'ajouter une autre encore (trop) souvent proposée dans la presse. Depuis l'été dernier, il est ainsi régulièrement question d'un avion américain particulièrement sophistiqué et ultra- secret: le LoFLYTE.

De sources diverses (UFOCOM, Internet ), il est aujourd'hui certain que ce projet d' "aile volante" développé par l'Accurate Automation Corporation pour la NASA et l'US Air Force n'était sans doute pas encore au stade de projet en 1989/90 [...].

La SOBEPS ne privilégie aucune explication particulière pour les centaines d'observations toujours non identifiées. Elle affirme seulement qu'aucune des interprétations proposées jusqu'ici ne rend compte des caractéristiques signalées par les témoins et confirmées par la cohérence des récits: un engin de grandes dimensions (entre 10 et 20 mètres d'envergure), capable de se déplacer lentement et silencieusement très près du sol, équipés de phares et projecteurs lumineux de très forte puissance.

L'importance de ces faits inexpliqués et leur probable répétition dans le temps indiquent qu'il est possible d'en entreprendre l'analyse scientifique si des moyens sont mis à la disposition des chercheurs et des enquêteurs. La SOBEPS réaffirme que c'est là une de ses priorités et elle engage les divers pouvoirs compétents à réexaminer l'opportunité d'une structure de recherche au niveau européen telle que la proposition en avait été faite, dès novembre 1990, par M. Di Rupo, alors député européen (ndr: aujourd'hui Mr Di Rupo est Vice-Premier Ministre).

Contrairement à ce qui semble avoir été compris par certains (ndt: journalistes), la réponse du Ministre Poncelet ne constitue donc pas une clôture définitive du dossier. Certains événements ont pu être expliqués. Ainsi, Monsieur Auguste Meessen, membre du comité scientifique de la SOBEPS et professeur à l'Université Catholique de Louvain, a pu montrer que les étranges échos radar enregistrés par des F-16 avaient très probablement une origine météorologique. D'autres constituent par contre encore des thèmes de recherche approfondie. Il en va ainsi d'une photographie d'OVNI qui fit, le 5 mai dernier, l'objet d'un colloque organisé conjointement par la SOBEPS et l'Ecole Royale Militaire, et qui réunissait plusieurs spécialistes internationaux.

Les conclusions du rapport du Ministre Poncelet mettent également en évidence combien les caractéristiques des témoignages du personnel militaire et de la gendarmerie sont identiques à celles des centaines de cas enregistrés par la SOBEPS. La cohérence de ces éléments toujours non expliqués attestent, s'il fallait encore le démontrer, de l'originalité de la problématique OVNI.

(Juin 97)

Société Belge d'Etude des Phénomènes Spatiaux (SOBEPS)
Avenue Paul Janson, 74
B-1070 Bruxelles
Tél: 02/521 74 04
Fax: 02/520 73 93>>
- fin de communiqué -

Ce communiqué de la SOBEPS n'a jamais été pris en considération par les média belges! Pas plus que ceux de l'UFOCOM d'ailleurs! Une exception : le journaliste Christian Laporte, du quotidien "Le Soir", qui a "arrondi" les angles de son article précédant. Par contre, les réactions des média français ont été bien plus positives quant aux communiqués de l'UFOCOM (Science & Avenir, France 2 - émission de Jean-Luc Delarue, et quelques magazines spécialisés). Nul n'est prophète en son pays.

Le dossier "Vague Belge" est donc toujours ouvert. Et c'est plutôt une bonne nouvelle. Toutefois, on peut s'interroger sur l'origine et les motivations de la fausse information diffusée par les média. Mais personne, à part la SOBEPS, ne semblait avoir connaissance du texte officiel. Il aura fallu plus de six mois pour le savoir. Et qui va apprendre "la bonne nouvelle"? Des personnes qui étaient déjà convaincues, des "ufo buffs" comme on les appelle aux Etats Unis.

Le simple citoyen est donc maintenu à l'écart de la véritable information ou, plus justement, il a été désinformé! Je pense représenter ce simple citoyen. C'est à ce titre que j'ai contacté l'ambassade des Etats Unis afin d'obtenir son commentaire au sujet de l'article du Sunday Times. Résultat : un bristol du département culturel de l'ambassade qui me remerciait de l'intérêt que je portais aux Etats Unis et bla-bla-bla... C'est n'importe quoi!

Aucune réaction des média belges, aucune réaction du Ministère de la Défense. Pas même un accusé de réception. Par contre la Force Aérienne a toujours eu un comportement exemplaire et fait preuve de beaucoup d'ouverture. Il en est de même pour le Ministre Coëme qui m'a répondu très rapidement alors qu'il se démène avec de nombreux problèmes. Le Vice-Premier Ministre, Mr Ellio Di Rupo, lui aussi, a pris la peine de me répondre. Le Maréchal des Logis de la gendarmerie, Mr Alain Renkin, s'est lui aussi toujours montré disponible et attentif.

Bref, il y a une ambiguïté qui repose sur trois éléments : le Ministère de la Défense, les média et le gouvernement américain qui n'a jamais voulu s'exprimer ouvertement sur le sujet, excepté pour démentir le survol de la Belgique par leurs F-117, au sortir de la Vague.

Simple "malentendu" ou erreur d'interprétation des média? Double langage du Ministère de la Défense? D'où vient cette dépêche annonçant la clôture officielle du dossier?

Pour ma part, je pense que les média ont involontairement désinformé la population en se basant sur un premier communiqué qu'ils n'ont pas cru bon de vérifier : l'article du Sunday Times. Ensuite, un autre communiqué, après la séance parlementaire de mai 97, leur est parvenu. Et dans celui-ci, nul doute que le nom du LoFLYTE y apparaissait. Il est également probable que cette dépêche a été considérée suffisamment crédible et "officielle" que pour la répercuter largement auprès du public.

Les probabilités d'une erreur collective portant sur un même point d'information sont presque nulles. On ne peut donc pas imputer à l'un ou l'autre média d'avoir "broder" une histoire.

Mais que reste t'il, en définitive, de toute cette histoire? Pour l'instant, la population est persuadée que les Américains font des essais secrets au-dessus du territoire belge. Je les entends penser, les braves gens qui n'ont d'unique accès à l'information que celui des quotidiens, de la télé ou de la radio : "Cela doit être vrai puisque c'est dans le journal!". D'un autre côté, le Ministère de la Défense est couvert puisqu'ils ont transmis le communiqué officiel où il n'est nulle part fait allusion au LoFLYTE ou au classement définitif de l'affaire "Vague Belge". Mais qui sait cela à part les lecteurs de l'Inforespace, les membres de la SOBEPS, les surfeurs des sites UFOCOM, les abonnés du "Science & Avenir" ou les lecteurs du dernier livre de Gildas Bourdais, "OVNI: 50 ans de Secret", paru aux Presses du Châtelet. Monsieur Bourdais m'a fait l'honneur de reprendre mon travail sur le "LoFLYTE" et je l'en remercie. Mais, malheureusement, toutes ces personnes ne constituent pas la majorité du grand public, de l'opinion.

Désormais, le dossier "Vague Belge" reste ouvert! Passez le mot!

Thierry, le 19 décembre 1997
© SOBEPS - UFOCOM


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