MISE A FEU DU SYSTEME DE PROPULSION IONIQUE DE DEEP SPACE 1

BUREAU DES RELATIONS AVEC LES MEDIAS
JET PROPULSION LABORATORY
INSTITUT DE TECHNOLOGIE DE CALIFORNIE
NATIONAL AERONAUTICS AND SPACE ADMINISTRATION
PASADENA, CALIFORNIE 91109.  TÉLÉPHONE (818) 354-5011

Contact: Franklin O'Donnell
http://www.jpl.nasa.gov/

POUR DIFFUSION IMMEDIATE

 

25 Novembre 1998

    Le système de propulsion ionique du vaisseau de la NASA Deep Space 1 a démarré ce mardi 24 novembre et continue de fonctionner sans problèmes depuis.

    Le moteur a été mis en route à 14h53 (Heure de Los Angeles) suite aux ordres envoyés au vaisseau. Après avoir fonctionné toute la nuit en mode basse propulsion, les ingénieurs ont envoyé la commande de mise en mode propulsion haute aujourd'hui même. L'équipe de la mission pense laisser le moteur fonctionner pendant les 4 jours du weekend de Thanksgiving.

    Auparavant, l'équipe avait allumé le moteur le 10 novembre, mais, le système s'était coupé de lui-même après 4 minutes 30 de fonctionnement. Lorsque les contrôleurs ont envoyé les commandes au moteur pour le remettre en route jeudi, ils ont prévu de rassembler plus d'informations sur le statut du système mais ils ne pensaient pas que le moteur continuerait de tourner.

   "Nous sommes très heureux que le moteur se soit remis en route et que la propulsion se poursuive" a déclaré le Dr. Marc Rayman, chef-ingénieur de la mission Deep Space 1 et responsable de la mission au Jet Propulsion Laboratory de la NASA, à Pasadena, en Californie. "En réalité, il a très bien fonctionné dès le premier jour de son exploitation."

     Les ingénieurs pensent que le moteur s'arrêtera probablement parce qu'il y a 2 semaines une pièce métallique ou un autre agent de contamination a mis en contact les 2 grilles de haute-tension à l'arrière du moteur complexe. Ce sont sans doute des changements de température lors de la validation des technologies du vaisseau qui ont affecté les paillettes et qui ont enclenché le propulseur, et ont ainsi peut-être vaporisé les restes.

    "Il est normal pour un nouveau moteur ionique, qu'il soit au sol ou en orbite terrestre, de se couper de lui-même après un certain temps suite à la première mise en exploitation", affirmait Rayman. "Nous ne devrions pas être surpris que le moteur se coupe encore au cours des prochains premiers jours ou semaines après son déploiement."

     "Un des objectifs de Deep Space 1 est de tester les nouvelles technologies avancées", a ajouté Rayman. "Si tout se passe bien au premier essai, cela nous indique que nous n'avons pas été suffisamment "aggressif" quant au choix des technologies. Etudier le comportement de la manière que nous venons de voir est un objectif primordial de DS 1 pour préparer les prochaines missions spatiales scientifiques."

    Le carburant utilisé par le moteur ionique de DS 1 est le xénon, un gaz incolore, inodore, insipide et 4 fois 1/2i plus lourd que l'air. Lorsque le moteur ionique fonctionne, les électrons sont émis à partir d'une barre creuse appelée cathode à l'intérieur d'une chambre entourrée d'aimants, tout comme la cathode dans un tube de l'écran d'une TV ou d'un moniteur d'un ordinateur. Les électrons frappent les atomes de xénon, éjectant ainsi un des 54 électrons gravitant autour de chaque noyau atomique. Cela laisse chaque atome orphelin d'un électron, lui conférant ainsi une charge plus positive, ce qui fait que l'atome devient ce que l'on appelle un ion.

     A l'arrière de la chambre, il y a une paire de grilles métalliques chargées l'une positivement et l'autre négativement avec une différence de potentiel de 1280 volts. La force de la charge électrique exerce une forte traction "électrostatique" sur les ions de xénon. C'est ce qui se passe lorsque l'on frotte un peigne avec de la laine au cours d'une journée sèche; cela produit de l'électricité statique. La force électrostatique dans la chambre du moteur ionique, malgré tout, est bien plus puissante, car les ions du xénon voyagent alors à une vitesse de plus de 100.000 km/h, et se retrouvent expulsés à l'arrière du moteur tout droit dans l'espace.

     A pleine accélération, le moteur ionique consommerait près de 2500 watts de puissance électrique et équivaudrait à 90 millinewtons de poussée.   Ce qui est comparable à la force exercée par une simple feuille de papier demeurant sur la paume de la main.

     Lorsque le moteur a démarré jeudi, il a fonctionné toute la nuit à un niveau de propulsion de 500 watts. Ce matin les ingénieurs ont envoyé la commande de poussée à un niveau de 885 watts, puis de 1300 watts. Les ingénieurs peuvent décider de réduire le niveau de poussée au cours des prochains jours.

     Le modèle de vol du système de propulsion ionique a été construit pour DS 1 par Hughes Electron Dynamics Division à Torrance en Californie; par Spectrum Astro Inc.,  à Gilbert, en Arizona et par Moog Inc., à East Aurora, Etat de New-York ainsi que par Physical Science Inc., à Andover, Massasuchets.  Le développement de ce système a été confié au bureau des Sciences de l'Espace de la NASA et au bureau Technologies Aéronotiques et de Transport Spatial, à Washington, DC.   Le JPL est dirigé pour la NASA par l'Institut de Technologie de Californie.

(traduit de l'anglais par Frédéric)


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