Un voyage dans le passé de 15 milliards d'années

 


Deux chercheurs d’un laboratoire du CNRS de l’Observatoire de la Côte d’Azur, en collaboration avec un chercheur italien et un chercheur russe, viennent de montrer qu'il est possible de remonter dans le temps au début de l'Univers, il y a environ quinze milliards d'années, et d'établir, pour chaque galaxie de l'Univers actuel, l'endroit d'où provient la matière qui la forme actuellement (1).

La structure actuelle de l'Univers est très irrégulière ; les observations astronomiques révèlent que les galaxies s'organisent en grandes structures formées de murs et de filaments d'extension gigantesque mais d'épaisseur relativement faible. En revanche, l'Univers primitif avait une répartition de matière presque uniforme ne présentant que de très légères variations de densité d'un point à un autre. Ces " fluctuations de densité " peuvent maintenant être détectées indirectement à travers les fluctuations du fond cosmologique, un rayonnement qui garde l'empreinte de ce qui s'est passé quelques centaines de milliers d'années après le début de l'Univers lorsque la température, d'abord très élevée, s'est abaissée, permettant aux particules de lumière (photons) de s'échapper et de nous parvenir sans encombre.

Une nouvelle technique de simulation a permis aux chercheurs de déterminer, en quelques heures de calcul sur une machine de l'Observatoire de la Côte d'Azur, les positions initiales et les vitesses de plusieurs dizaines de milliers de galaxies. Ces reconstructions, réalisées sur des univers artificiels simulés à l'ordinateur, ont montré que cette nouvelle technique donne d'excellents résultats aux échelles supérieures à une dizaine de millions d'années-lumière.


De grands efforts sont faits actuellement par les astronomes pour mesurer les positions complètes (direction dans le ciel et distance) d'un grand nombre de galaxies. Dans quelques années nous disposerons de catalogues possédant de l'ordre du million de galaxies. La nouvelle technique de reconstruction et ses améliorations (qui visent à travailler à des échelles de quelques millions d'années-lumière) devraient nous donner une nouvelle fenêtre sur l'Univers primitif et permettre ainsi de mieux comprendre comment il s'est formé.


(1) " A reconstruction of the initial conditions of the Universe by optimal mass reconstruction ", par Uriel Frisch, Sabino Matarrese, Roya Mohayaee, Andrei Sobolevski. Nature, vol.417. p. 260-262. 16 mai 2002.

Simone - Mai 2002
Reproduit à partir de
http://www.cnrs.fr/cw/fr/pres/dyncom/communique.php?article=65


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