Le bombardement des météorites sur la lune s’est intensifié au cours des deniers 500 millions d’années et a coïncidé avec l’explosion de la vie sur terre

(Press Release Science Mar 2000)

Le journal de réputation internationale " Science " a publié récemment une étude qui suggère que, chronologiquement, la fréquences des impacts des météorites sur la lune coïncideraient avec l’explosion de la vie sur Terre.

" En datant de tout petits fragments de verre provenant des impacts qui se sont produits au cours des millénaires " dit Robert Sanders, du Département des Relations Publiques de l’Université de Californie à Berkeley, " les scientifiques de l’Université de Californie, et ceux du Centre de Géochronologie ont confirmé l’activité intense du bombardement de météorites sur la Lune, qui se serait produit entre 4 et 3,5 milliards d’années plus tôt, au moment de la formation des mers lunaires. Ils ont aussi découvert un second pic d’activité qui a commencé voila 500 millions d’années et qui se poursuit de nos jours.

La décroissance de l’activité du premier pic qui a probablement impliqué plusieurs comètes et astéroïdes, coïncide avec les premières traces avérées de vie sur Terre. Le second pic, qui se poursuit, implique d’après les résultats obtenus des débris [interplanétaires] plus fins, et aurait commencé au moment de l’explosion de la vie au Cambrien.

" Les premières traces de vie sur Terre sont apparues après le crescendo, quelques 3,5 milliards d’années plus tôt ", dit Paul Renne, professeur de géologie et géophysique adjoint à l’Université de Berkeley, et directeur du Centre de Géochronologie. " Il est possible que la vie sur Terre soit apparue à plusieurs occasions, et que le bombardement de météorites ait seulement cessé de la faire disparaître voila 3 milliards d’années. "

D’un autre coté, Richard A. Muller, professeur de physique a l’Université de Berkeley, et chercheur en physique au Lawrence Berkeley National Laboratory, précise " Il n’est pas surprenant que les impacts aient diminué voila 3 milliards d’années. Le système solaire devenait alors plus propre, sous l’effet combiné du Soleil et de Jupiter. Ce qui est surprenant est la réversion d’un système solaire apaisé vers un système agité voilà 500 millions d’années. Ce travail ouvre un champ d’étude qui nous dit que quelque chose dans l’histoire du système solaire n’a pas été compris. Jusqu’à présent, nous ne réalisions pas combien les derniers 500 millions d’années avaient été particuliers ".

Bien que tous les chercheurs de Berkeley s’accordent sur la nouvelle chronologie des impacts de météorites sur la Lune, tous ont leurs idées précises sur la signification de cette découverte. Renne, par exemple, penche plutôt vers une théorie qui dirait que la poussière interstellaire aurait " ensemencée " la Terre avec des molécules organiques, de l’eau, des acides aminés, et que ces molécules auraient ensuite été incorporées dans les cycles de la vie sur Terre.

Culler, l’étudiant de 3 eme cycle, qui a travaillé a l’origine sur ce projet avec Muller et Renne, voit dans l’intense activité de bombardement la preuve que des impacts de très grosses météorites ont dû jouer un rôle fondamental dans l’évolution et l’extinction des organismes vivants.

Muller, lui aussi, fait ressortir le rôle que les impacts ont pu jouer dans l’histoire de la vie sur Terre. " Il n’est pas surprenant que les périodes de bombardement intense coïncide avec des phase de disparition de formes de vie sur terre ", dit il.

Enfin, d’après Muller, la possibilité que le Soleil possède un compagnon stellaire encore inconnu existe. Ce compagnon, qu’il appelle Nemesis, aurait une orbite de 26 millions d’années autour du soleil, et serait capable " d’arracher " les comètes à leur orbite, puis de les renvoyer vers le centre du système solaire. Muller suggère que les changements climatiques périodiques qui ont affecté la Terre auraient pu résulter du glissement périodique de la terre du plan orbital, et de sa rencontre avec des nuages de poussières, débris et autres météorites.

Bien que la méthode de datation ne soit pas assez sensible pour mettre en évidence un cycle de 26 millions d’années, Muller affirme que " les résultats obtenus sont assez cohérents avec la théorie de l’existence de Némessis. " " Je pense que la plupart des débris du système solaire proviennent d’événements perturbateurs survenus à l’extérieur de ce système solaire, autour de Nemessis " conclut-il.

 

Tiré pour l’ essentiel de: http://www.urel.berkeley.edu/urel_1/CampusNews/PressReleases/releases/03-09-2000a.html

Yves, Cons. Gen.

Mai 2000


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