De la vie dans la glace antarctique...

Comparaison avec Mars.

par David Stauth,
Communiqué de l'Université d'État de l'Oregon.
Source NASA:
http://science.msfc.nasa.gov/current/event/osu.html

Des chercheurs ont découvert des colonies de bactéries prospérant sous la glace du plus froid et du plus sec désert sur Terre, dans des conditions comparables à celles que l'on trouve sur Mars ou Europe. Elles permettent ainsi d'imaginer quelle type de forme de vie on pourrait trouver ailleurs dans notre Système Solaire.

L'étude a eu lieu sur les lacs recouverts de glace dans les Vallées de McMurdo en Antarctique, qui ont une température annuelle moyenne d'environ 68°C en dessous de zéro et qui reçoivent moins de 10cm de précipitation par an.

Mais dans un environnement aussi froid et sec, les scientifiques de l'Université d'État de l'Oregon et de quatre autres institutions ont trouvé des poches d'eau liquide encastrées sous 1,8 mètre de glace, où une combinaison de sédiments, d'eau, et de rayonnement solaire durant les longs jours d'été, a entretenu une population de bactéries.

"C'est un environnement stérile, n'ayant rien de ce qu'on associe habituellement à la vie." déclare Stephen Giovannoni, professeur associé en microbiologie à l'Université d'État de l'Oregon. "Mais ces cyanobactéries photosynthétiques sont vivantes et auto-suffisantes, et elles se développent. Elles sont capables de vivre malgré le rude cycle de gel-dégel, de fixer l'azote et de libérer de l'oxygène quand elles fabriquent des hydrates de carbone à partir de l'eau et du dioxyde de carbone."

"Elles ont leur propre petit monde et nous n'en connaissions rien."

"Les nécessités nutritionnelles de ces formes de vie sont minimales", déclare Giovannoni, "un peu de lumière, de l'eau, du dioxyde de carbone, des phospahtes, des nitrates et d'autres minéraux. Mais en fait ce processus primitif de vie est assez similaire à celui des micro-organismes qui ont formé l'atmosphère riche en oxygène de la Terre et qui ont rendu possible les formes de vies plus élaborées. Et dans l'étude, les chercheurs citent deux endroits où ils pensent qu'il existe des conditions similaires à celles trouvées en Antarctique -Mars et la grande lune de Jupiter, Europe.

"Il a été suggéré que Mars était trop sèche et trop froide pour permettre à la vie d'exister." déclare Giovannoni, "Mais il est aussi connu que Mars et Europe abritent de l'eau gelée sur ou près de leur surface. Nous spéculons que, dans des conditions similaires à celles observées en Antarctique, il serait possible qu'une forme de vie similaire existe sur Mars ou Europe."

Les chercheurs déclarent que bien que Mars ait abrité beaucoup d'eau liquide à une époque, elle s'est refroidie rapidement et la glace peut avoir été, comme c'est le cas aujourd'hui, la forme dominante d'eau à sa surface. Ils ajoutent qu'une recherche des fossiles de la plus récente forme de vie martienne pourrait se faire dans la glace.

Le processus de formation de la vie est encore largement inconnu et est très complexe, déclare Giovannoni. "Toute cellule, même les plus simples comme les bactéries, est une chose très compliquée", déclare-t-il. "Mais des expériences ont montré qu'on peut obtenir des molécules assez complexes et des acides aminés de l'interaction d'éléments chimiques de base avec de l'électricité."

Giovannoni a étudié les bactéries partout sur la planète, depuis les roches basaltiques des fonds océaniques jusqu'au cœur des glaces antarctiques, au parc national de Yellowstone, ou le plancton bactérien au Crater Lake de l'Oregon. Les chercheurs sont encore surpris, déclare-t-il, du peu qu'ils savent sur les microbes, du peu de choses qui ont été décrites, comment ils fonctionnent et leur interaction écologique avec le reste du monde.

"Des avancées récentes en biologie moléculaire nous permettent aujourd'hui d'identifier ces organismes inconnus, et nous en apprenons que le monde est plein de bactéries desquelles nous ne savons rien." dit-il. "Je pourrais probablement isoler une nouvelle bactérie, inconnue jusqu'à présent, de la semelle de votre chaussure."

Des recherches passées ont été stoppées par manque de financement, déclare Giovannini, les agences semblaient peu sûres que l'étude des bactéries, de leur évolution et de leur comportement, puisse avoir une valeur pratique. Mais de nouvelles applications de la recherche bactérienne, pour comprendre le cycle global du carbone, créer de nouveaux antibiotiques ou enzymes pour une utilisation industrielle, ont provoqué un regain d'intérêt, dit-il. Et la recherche de la vie ailleurs dans l'Univers pourrait être un succès, dit-il, quand des bactéries telles que celles identifiées en Antarctique seront découvertes sur Mars.

Fabrice, UFOCOM Sci.Coord.


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