Les Soucoupes Volantes de l'US Army

Voici une traduction d’un article paru dans la revue "Air International" du mois de décembre 1998 et intitulé "Plasma Balls and Fire Sheaths".

Cette revue semble tout ce qu’il y a de plus sérieux. Elle contient notamment des pages de publicité pour des Boeing et l'Airbus A310. Elle semble donc destinée à des gestionnaires de flotte de transport de passagers ou de fret. Elle contient également un supplément de 16 pages sur l’avion de combat "Raptor".

L’article original est écrit par David Baker (PhD) et prend comme excuses les recherches du Rensselaer Polytechnic Institute de New York pour parler de technologie encore secrète mises en oeuvre depuis 50 ans par l’US Army. D’après les explications, le facteur déterminant entre les navettes, les fusées et les SR-75, Aurora et autres XR-T de l’USAF d’un côté et les véhicules comme le TR-3B de l’US Army est justement qu’ils appartiennent à des corps armés différents. Et de quand date cette séparation? De 1947!

Depuis, les deux corps armés n’ont plus jamais été d’accord, l’USAF ayant déclaré une fois pour toutes que tout ce qui vole dans l’atmosphère doit avoir des ailes!

Je vous livre donc ici ma meilleure traduction. Il y a néanmoins des termes qui me semblent inconnus, comme une "rectenna" que j’ai laissé tel quel dans le texte.

Alain H., équipe "Renseignements".

 

Boule de Plasma et Gaîne de feu

Depuis le début des années 50, l’institution la plus secrète du monde, le National Advisory Committee for Aeronautic, a démarré des recherches qui ont abouti, fin des années 50, aux réacteurs à propulsion atomique ou hydrogénique. Ces réacteurs étaient destinés aux avions espion.

Les résultats pratiques furent, dans les années 60, les Scramjets (supersonic ramjets) propulsés à l’hydrogène. Ces résultats sont encore toujours tenus secrets aujourd’hui, alors que plusieurs machines volantes et distinctes les unes des autres ont été construites.

Après de tels résultats encourageants, ordre a été donné de construire un "ASP" ou Aerospace Plane. Il s’agit ici d’actions entreprises par l’US Army, qui désire se doter d’un avion aérospatial capable de décoller du sol et de rejoindre l’espace. L’US AIR FORCE, quant à elle, reste persuadée qu’il faut des ailes pour voler et décoller.

Le grand challenge à relever est le problème de l’échauffement de l’avant de l’avion dû au frottement de l’air.

Le problème de la rentrée atmosphérique sans bouclier est résolu dès 1951 par H. Julian Allen, qui comprend qu’il faut déplacer la source de chaleur dans l’onde de choc. Ses travaux ont été publiés comme document classifié en 1952 (Note technique AVACA). En 67, les premiers véhicules peuvent rentrer dans l’atmosphère à des vitesses de 40,000 Km/h. Le terme utilisé pour nommé ces programmes, menés en parallèle avec les programmes moins secrets comme le X-15 qui, lui, est un avion hypersonique, est le terme "Hyper-Velocity".

De 1959 à 1968, les moyens habituels de protection utilisés pour les rentrées atmosphériques (Bouclier de matière destiné à être "brûlé" lors de la rentrée et donc calculé en fonction de la perte de matière qui s’en suivra, ou revêtement de béryllium) sont impropres au vol soutenu au-dessus de Mach 10, Mach 12.

Dès 1968, les prototypes sont capables de voler à plus de Mach 12 en continu dans l’atmosphère.

Début des années 60, des tests d’armes laser à haute énergie sont conduits tant par les USA que par la république soviétique. Cette technologie est destinée à l’armement, le transport de communications à haut débit, la désignation de cibles et la protection anti-missile. Dans les années 70, le programme ‘Star Wars’ du SDI (Strategic Defence Initiative) à produit des véhicules doté de torche à plasma, ces dernières étant projetées devant le véhicule afin de générer une onde de choc permettant d’avancer comme dans une ‘bulle’ d’air à faible densité, isolé de la chaleur. Des travaux plus récents ont privilégié l’utilisation de micro-ondes.

La forme la plus favorable pour l’utilisation de ce principe est la soucoupe volante. Ainsi, pour moduler sa vitesse ou freiner (descendre en dessous de Mach 10 !), la soucoupe ne doit changer que son inclinaison. La torche à plasma doit partir du centre de la face supérieure de la soucoupe.

Un engin conventionnel du type AeroLens peut ainsi atteindre Mach 25, alors qu’avec la forme de soucoupe, l’effet généré à l’arrière permet dès lors des accélérations et des vitesses continues énormes. Il n’en fallait pas plus pour avoir des conditions optimales pour l’ajout de la propulsion MHD, qui permet alors à l’engin de dépasser allègrement Mach 50. Dans le cas du vaisseau AeroLens, il faut placer une ‘rectenna’ sur la face inférieure (concave), la protéger par une coque transparente aux micro-ondes et de là, pulser électriquement afin d’ioniser l’air et propulser l’engin au moyen des aimants supraconducteurs situés sur le pourtour de l’engin. Silencieux, l’engin va émettre un halo de plasma incandescent et lumineux lors des accélérations (qualifiées de ‘dodged and weared’) allant de zéro à plus de mach 50, que ce soit dans l’air dense à basse altitude ou dans l’air raréfié aux limites de l’espace.

Leik Myrabo (ndt : voir notre article La toupie de Leik Myrabo), l'ingénieur de Rensselaer, a travaillé intensivement sur les ‘pointes’ de plasma avec le mathématicien russe Yuri Raizer, de l’Académie russe des Sciences, et pense que les moteurs à ondes pulsées détonantes PWDEs (Note AH : voir le XR-7 de l’US Air Force, doté de deux de ces réacteurs), testés dans toutes les conditions lors du programme SDI dans les années 80, peuvent trouver une application ici aussi. Ces moteurs peuvent être employés pour accélérer les véhicules AeroLens à une vitesse supersonique à laquelle le moteur MHD va s’enclencher pour augmenter la pression de l’air frontal jusqu’à 35 atmosphères et littéralement ‘exploser’ celui-ci, pour propulser le vaisseau à plus de Mach 50. Une puissante source ‘offboard’ de micro-onde va diriger son énergie vers la ‘rectenna’ ‘onboard’. En termes clairs, la pointe de plasma est un résultat de dizaines d’années de recherches sur les laser et les rayons de particules à haute énergie. Néanmoins, l’ensemble complet Torche à plasma, MHD, PWDEs et fuselage en forme de soucoupe est loin d’être réalisé. Pourtant, chacune de ces techniques est déjà implémentée dans des réalisations séparées. Le principe de la torche à plasma se retrouve, sous une forme dégradée, dans le nez du missile trident I. Harry Allen a décrit le concept du véhicule AeroLens à pointe plasma il y a PLUS de 50 ans !

David Baker, PhD

(copyright Air International, issue of december 98)


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