Succès du premier essai d'interception d'un missile intercontinental

(AFP 03/10/99)

LOS ANGELES, (AFP) - Les Etats-Unis ont procédé avec succès dans la nuit de samedi à dimanche au-dessus du Pacifique à un premier essai d'interception d'un missile intercontinental dans le cadre de leurs recherches sur un système de défense antimissile.

"Cet essai est un développement positif pour nous. C'est un exemple du genre de technologie que nous capables de développer", a commenté le secrétaire américain à la Défense William Cohen depuis Manille, où il était en déplacement.

Les militaires ont "réussi à intercepter" et à désintégrer un missile stratégique non armé à quelque 225 kilomètres au-dessus du Pacifique à 02h32 GMT, a annoncé le lieutenant-colonel Rick Lehner, porte-parole du Pentagone.

Le missile cible, un Minuteman, avait été tiré peu après 02h00 GMT de la base aérienne de Vandenberg (Californie).

Parallèlement, un engin "tueur" baptisé Exoatmospheric Kill Vehicle (EKV) avait décollé de l'atoll Kwajalein (îles Marshall), à quelque 6.800 kilomètres à l'ouest de la Californie.

L'EKV, qui pèse une soixantaine de kilos, est doté de son propre système de détection, de propulsion et de communications, ainsi que de systèmes informatiques lui permettant notamment de prendre des décisions de ciblage.

L'essai, qui a coûté 100 millions de dollars, a pour la première fois permis à ses scientifiques de faire entrer en collision deux missiles lancés dans l'espace depuis des pas de tir situés à des milliers de kilomètres l'un de l'autre.

Après la détection et le repérage de sa cible par les radars, une fusée emportant l'EKV a décollé. Puis la fusée a lâché, deux minutes et demie après son lancement, le "véhicule tueur" qui s'est orienté de façon autonome avant de repérer le missile intercontinental et de le désintégrer en le heurtant à une très grande vitesse.

Les Etats-Unis souhaitent mettre au point un système de défense antimissile pour se prémunir d'attaques intempestives de la part de pays potentiellement "hostiles" ou de terroristes, mais il ne pourrait faire face à une attaque d'un grand pays comme la Chine ou la Russie.

Mais la mise en place d'un tel système rend nécessaire une révision du traité ABM sur les systèmes antimissile, conclu avec Moscou en 1972. La Russie est opposée à une telle révision et des discussions bilatérales sont en cours à ce sujet entre les deux pays.

Le développement de ce projet risque aussi d'affecter les relations avec la Chine, alors que les promoteurs du nouveau système justifient son existence par le fait notamment que Pékin fournit de la technologie sur les missiles à d'autres pays, dont la Corée du Nord.

La décision de doter les Etats-Unis de ce système doit être prise en juin 2000 par le président Bill Clinton.

Le Pentagone a déjà procédé à deux essais, en 1997 et 1998, pour ses recherches dans ce cadre, mais celui qui vient d'être effectué est le premier test d'interception à l'aide d'un "véhicule tueur".

origine: LOS ANGELES 03/10/99 (AFP) Transmis par Steven


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