Le dixième symposium de Saint-Marin sur les ovnis

par Gildas Bourdais



Le dixième symposium de Saint-Marin sur les ovnis, qui s'est tenu les 9 et 10 mars 2002, était organisé comme chaque année par le Dr Roberto Pinotti, sociologue et président du CUN (Centro Ufologico Nazionale), le principal groupe de recherche ufologique d'Italie. Il était hébergé par le ministère du tourisme de la petite république de Saint-Marin (à environ 25 km de Rimini sur la côte Adriatique), à laquelle il faut rendre hommage une fois de plus, car un tel patronage officiel est unique au monde. Ce symposium doit aussi beaucoup à la vigueur de l'ufologie en Italie, en premier lieu au CUN, son président et ses nombreux adhérents. Si l'on ajoute que plusieurs autres manifestations ont lieu chaque année en Italie, on mesure le "retard" français, où le scepticisme est encore si répandu. J'en ai fait d'ailleurs le thème de mon exposé, tout en essayant de finir sur une note optimiste, en évoquant la levée progressive du secret. En dépit de ces difficultés que nous connaissons, la France a été bien "servie" avec deux invités, Jean-Jacques Velasco, du CNES/SEPRA, et moi. La présence de J-J. Velasco était logique étant donné le thème du symposium, "OVNI, Ufologie et reconnaissance institutionnelle".

Cette année, l'accent était mis sur l'étude scientifique des ovnis, qui est évidemment un aspect important pour être entendu des milieux institutionnels. Cette tendance était renforcée par le fait que, pour la troisième année consécutive, la conférence était précédée par une journée et demie consacrée à SETI et à la recherche de la vie dans le cosmos. Celle-ci avait lieu le vendredi 8 et le samedi 9 matin, et elle était suivie par la conférence sur les ovnis dès le samedi après-midi, si bien que les astronomes et scientifiques des deux conférences ont pu se rencontrer et s'apprécier. J'ai vu l'un des participants de SETI, un astronome irlandais travaillant en Allemagne, exprimer sa surprise et sa satisfaction au professeur Auguste Meessen, en lui expliquant que, de même qu'il avait découvert la qualité des recherches SETI, il découvrait à présent qu'il y avait aussi des ufologues sérieux !

Parmi les trente-huit conférenciers invités pour les ovnis, il est intéressant de souligner la présence d'un astronome du Vatican, le Père Juan Casanovas, après celle du Père Corrado Balducci, théologien et démonologue du Vatican, qui était venu il y a trois ans. Ceci est sans doute à rapprocher de la présence du Père Coyne, directeur de l'observatoire du Vatican, dans le film récent de France 2, "OVNIS. Le secret américain". Ce film de France 2 a été projeté à Saint-Marin le samedi soir dans sa version italienne. C'était sa première projection en Italie, et elle a été bien appréciée, donnant l'impression d'un ton nouveau dans les médias.

Parmi les invités étrangers, j'ai déjà cité le professeur Messeen dont la communication, sur l'analyse des mouvements oscillatoires des ovnis, était bien dans l'esprit de ce symposium. Celle de l'Américain Richard Haines l'était également. Le Dr Haines, psychologue qui a fait carrière à la NASA, est aujourd'hui le responsable scientifique d'un groupe privé d'enquête sur les observations de pilotes, le NARCAP (National Aviation Reporting Centre on Anomalous Phenomena). Rappelons que cette association sans but lucratif s'est donné pour mission de permettre aux pilotes de révéler, sans mettre en difficulté leur carrière, des observations présentant un risque pour la sécurité aérienne, notamment les observations rapprochées et les "quasi-collisions".

Richard Haines a cité un certain nombre de cas impressionnants, extraits de leur fichier qui compte plus de 3000 cas. On apprend aussi des choses intéressantes dans les couloirs et à l'occasion des repas à l'hôtel où se retrouvent les conférenciers étrangers. J'ai pu ainsi demander au Dr Haines ce qu'il pensait du curieux rôle joué par l'association NIDS (National Institute for Discovery Science), créée à Las Vegas par le riche homme d'affaires Robert Bigelow. L'année dernière, NIDS avait annoncé que l'Administration de l'Aviation Fédérale (FAA) avait accordé à NIDS l'exclusivité des témoignages de pilotes. Ceci coupait évidemment l'herbe sous les pieds du NARCAP, et Richard Haines ne m'a pas caché son irritation. Il m'a même indiqué qu'une action judiciaire est envisagée car, selon l'opinion d'un conseiller juridique, ce monopole accordé à NIDS est illégal. Quoi qu'il en soit, le NARCAP reste la bonne porte pour les pilotes qui veulent témoigner anonymement, et c'est une porte qui est ouverte sur le monde entier. Le Dr Haines a d'ailleurs noué un bon contact avec le pilote italien Roberto Doz, ancien officier de l'armée de l'Air, qui anime lui aussi une association en Italie.

Un autre exposé méritant d'être mis en relief est celui du jeune physicien hollandais Eltjo Haselhoff, président du Centre hollandais pour l'étude des "crop circles". Les recherches de Haselhoff sont peut-être les plus convaincantes, avec celles de Nancy Talbot et de l'équipe américaine "BLT Research Teal", pour apporter des preuves concrètes, de réelle valeur scientifique, sur la réalité des ces formations en tant que phénomènes d'origine non-humaine. Très brièvement, l'un des principaux points étudiés par Haselhoff est la dilatation des nœuds des tiges sous l'effet de la chaleur, causée probablement par des rayonnements de type micro-ondes, provenant d'une source pas très haute au dessus du sol, selon le modèle mathématique qu'il a pu construire à partir des mesures faites sur les plantes selon leur position au sol. Une démonstration rigoureuse et convaincante, à laquelle viennent s'ajouter d'autres arguments. Incidemment, Haselhoff a pu avoir confirmation, de bonne source, que le chercheur britannique Colin Andrews avait changé complètement son opinion publiquement après avoir subi de fortes pressions. Je signale au passage un article très intéressant sur ce sujet, paru dans la revue britannique UFO Magazine de mars 2002.

Parmi les autres exposés, que je ne peux tous citer ici, j'ai le plaisir de mentionner celui de mon ami Boris Chourinov (les Anglais écrivent Shurinov) qui a décrit, carte et vidéo à l'appui, l'observation d'un grand ovni ayant survolé la région de Moscou le 29 juillet 2001. Par recoupement, des témoignages, on a pu évaluer son altitude à 25 km et son diamètre de 200 à 250 mètres, qui rappelle l'ovni vu par le commandant Duboc, confirmé par radar, au dessus de Paris en 1994. Des observations intéressantes ont été également présentées par Esen Sekerkarar, jeune femme turque vice-présidente d'une association très active, puisqu'elle en est à son troisième symposium international et a aussi créé un musée des ovnis à Istamboul. L'Allemand Michael Hesemann, qui revenait juste de la conférence de Laughlin aux Etats-Unis (au Nevada), a projeté plusieurs brèves prises de vues aériennes militaires d'ovnis en Russie, retrouvées par un jeune Arménien vivant en République tchèque dans les archives de son grand-père, qui avait été un ami d'Anastase Mikoyan, membre du politburo sous Staline. Il reste à essayer d'authentifier ces films, et Hesemann en a confié une copie à Boris Chourinov dans ce but. On peut faire confiance à Boris pour être très prudent dans son diagnostic.

Du côté italien, plusieurs exposés étaient d'excellent niveau scientifique, comme me l'a confirmé le professeur Meessen, qui m'a dit avoir noué des contacts intéressants. Pour ma part, j'ai remarqué un jeune intervenant, Enrico Baccarini, psychologue membre du CUN, qui a fait un exposé très informatif sur la technologie actuelle des implants humains, ainsi que des interventions chirurgicales par voie nasale, opérations évoquant irrésistiblement les poses d'implants chez les "abductés". Il a terminé son exposé en citant la thèse du Dr Lammer, dans son livre "MILAB", sur les interventions militaires. La question reste ouverte, me semble-t-il, de savoir si l'on a affaire à des opérations de surveillance, bien entendu très secrètes, de véritables abductés, ou bien d'expérience militaires pures et simples visant à développer une technologie de contrôle à distance des individus, que n'avait même pas imaginé George Orwell. Jusqu'à preuve du contraire, je préfère pencher pour la première explication !

Il faut faire une mention particulière à la communication de l'Italo-Américaine Paola Leopizzi Harris qui a ramené des Etats-Unis un très curieux programme éducatif pour les enfants, "ABC News for Kids", diffusé sur le net par la chaîne de télévision ABC, intitulé "Alien Secrets". Ce programme donne très nettement l'impression d'un effort en cours, discrètement, pour sensibiliser peu à peu le public, les jeunes notamment, à la présence extraterrestre.

A la fin de cet intéressant symposium, Roberto Pinotti nous a livré son témoignage personnel. Il accomplissait en 1972 son service militaire, avec le grade de sous-lieutenant, sur une base de l'OTAN, et il faisait partie d'un petit groupe d'officiers s'intéressant aux ovnis. Un jour, un officier américain leur confia que les Américains avaient récupéré non seulement des ovnis accidentés, mais aussi des cadavres d'extraterrestres. Il faut bien souligner qu'à cette date, personne n'avait la moindre idée du crash de Roswell, sur lequel les enquêtes n'allaient démarrer qu'en 1978 avec le témoignage de l'ancien commandant Jesse Marcel. Pour ma part, c'est là un témoignage de plus, convaincant après de nombreux autres, sur la réalité de profonds secrets aux Etats-Unis. Je me permets de renvoyer à ce sujet le lecteur à mon dernier livre OVNIS : la levée progressive du secret.

mars 2002

 


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